faute d amour cinema metz

 

Date de sortie 20 septembre 2017 (2h 08min)

De Andrey Zvyagintsev

Avec Alexey Rozin, Maryana Spivak, Marina Vasilyeva

Nationalités Russe, Français, Belge, Allemand

 

 

Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser... Aucun des deux ne semble avoir d'intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse.

 
 
 
 
banniere faute d amour
 
 
Critiques
 
 

le jeune karl marx cinema metz

 

Date de sortie 27 septembre 2017 (1h 58min)

De Raoul Peck

Avec August Diehl, Stefan Konarske, Vicky Krieps

Nationalités Français, Allemand, Belge

 

 

1844. De toute part, dans une Europe en ébullition, les ouvriers, premières victimes de la “Révolution industrielle”, cherchent à s'organiser devant un “capital” effréné qui dévore tout sur son passage.
Karl Marx, journaliste et jeune philosophe de 26 ans, victime de la censure d’une Allemagne répressive, s’exile à Paris avec sa femme Jenny où ils vont faire une rencontre décisive : Friedrich Engels, fils révolté d’un riche industriel Allemand.
Intelligents, audacieux et téméraires, ces trois jeunes gens décident que “les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, alors que le but est de le changer". Entre parties d'échecs endiablées, nuits d'ivresse et débats passionnés, ils rédigent fiévreusement ce qui deviendra la “bible” des révoltes ouvrières en Europe : “Le manifeste du Parti Communiste”, publié en 1848, une œuvre révolutionnaire sans précédent.

 
Critiques
 
Télérama
 

Les grands portraits affichés sur la place Rouge de Moscou ou dans les congrès des partis communistes du monde entier ont figé Karl Marx en vieux sage. Une icône à grande barbe blanche, au visage grave, voire compassé… Le grand mérite du nouveau film de Raoul Peck est de rappeler que l’auteur du Capital fut, d’abord, un jeune homme rieur, amoureux, à l’énergie débordante. Un penseur au génie précoce, aux idées nourries par l’expérience concrète, tourné vers l’action, et mu par la colère — contre l’ordre social profondément inégalitaire de son temps mais, aussi, contre ses amis progressistes, trop timorés à ses yeux.
Ennemi du biopic classique, Raoul Peck s’est concentré sur une brève période de la vie de Marx : ces cinq années — de sa première arrestation en 1843 à la publication du Manifeste du parti communiste en 1848 — pendant lesquelles le journaliste allemand va élaborer les concepts de matérialisme historique et de lutte des classes. Et jeter les bases d’un mouvement ouvrier unifié à l’échelle internationale. Le cinéaste haïtien parvient à incarner cette pensée en formation dans les joutes oratoires, parfois violentes, qui opposent le jeune Marx aux hégéliens de gauche et à Proudhon. Inutile d’être agrégé de philo pour y prendre du plaisir : les dialogues sont des modèles de pédagogie vivante.
Cette aventure intellectuelle est, aussi, le récit émouvant d’une amitié. Entre Marx, le bourgeois en rupture de ban, et Engels, l’héritier d’un riche industriel du textile qui préfère la compagnie des ouvriers à celle des capitalistes, la complicité est quasi immédiate. August Diehl et Stefan Konarske (formidables l’un et l’autre) interprètent les deux révolutionnaires en débatteurs rompus à toutes les subtilités de la dialectique, convaincus de leur supériorité, voire même arrogants. Mais aussi comme de grands gamins joueurs, risque-tout, émerveillés de leur propre audace. Leur jeu plein de fougue et de passion apporte le surcroît de vie qui manque parfois à la mise en scène, élégante et soignée, mais trop illustrative — un peu trop « bourgeoise », en somme…

 

confident royal cinema metz

 

Date de sortie 4 octobre 2017 (1h 52min)

De Stephen Frears

Avec Judi Dench, Ali Fazal, Eddie Izzard

Nationalités Britannique, Américain

 

 

L’extraordinaire histoire vraie d’une amitié inattendue, à la fin du règne marquant de la Reine Victoria. Quand Abdul Karim, un jeune employé, voyage d’Inde pour participer au jubilé de la reine Victoria, il est surpris de se voir accorder les faveurs de la Reine en personne.
Alors que la reine s’interroge sur les contraintes inhérentes à son long règne, les deux personnages vont former une improbable alliance, faisant preuve d’une grande loyauté mutuelle que la famille de la Reine ainsi que son entourage proche vont tout faire pour détruire.
A mesure que l’amitié s’approfondit, la Reine retrouve sa joie et son humanité et réalise à travers un regard neuf que le monde est en profonde mutation. 

 

Critiques
 
La croix
 

Pendant les treize dernières années de sa vie, la reine Victoria prit pour favori, confident et ami, un jeune Indien musulman arrivé à Windsor en 1887. Son exotisme, son innocence, son intelligence et ses manières la sortirent de la torpeur et de l’ennui où son veuvage, sa fin de règne et la pesanteur du protocole royal l’avaient enfermée. Contre l’avis de son entourage, bravant l’hostilité déclarée de ses courtisans et la haine de son fils, le futur Édouard VII, elle imposa Abdoul Karim auprès d’elle. Il fut même le dernier à s’approcher de son lit de mort, à lui prendre la main, à lui murmurer quelques mots d’adieu.

Mais dès le lendemain des obsèques, sur ordre du nouveau roi, Abdoul Karim fut chassé avec sa femme, renvoyé dans son pays, effacé des archives. Ses documents furent brûlés et sa correspondance avec Victoria détruite. Afin qu’il ne reste nulle trace de cette amitié qui avait tellement choqué une aristocratie attachée à sa position et ses privilèges, l’historiographie officielle ne mentionne nulle part cet Abdoul Karim qui avait été le munshi (« professeur et secrétaire particulier ») de la reine, décoré de l’ordre royal de Victoria, une très haute distinction.

Chaque jour, il avait appris l’ourdou, oral et écrit, à l’impératrice des Indes, élève assidue et disciplinée, qui découvrait la diversité de ses sujets. Aux côtés d’Abdoul Karim, tout passionnait la reine Victoria. Leurs conversations, leur entente, leur confiance mutuelle. En retour, elle le protégea et le défendit jusqu’à son dernier souffle contre les rumeurs et les cabales. Seule contre tous.

Pendant plus d’un siècle, cette histoire fut enterrée, oubliée. Nous devons de la connaître à une journaliste indienne, Shrabani Basu, dont la longue enquête (1) a inspiré ce film de Stephen Frears, enthousiasmant de vivacité. Le cinéaste anglais, qui avait déjà réalisé The Queen (sur Élisabeth II, en 2006), se délecte à retracer cet épisode, à la gloire de Victoria, rebelle et malicieuse, rude et généreuse, tombée sous le charme de ce jeune Indien. Judi Dench, qui l’interprète, est impériale pour traduire la solitude de cette reine, prisonnière de sa fonction, et son volontarisme de femme libre et curieuse.

Dans une reconstitution méticuleuse de la pompe, des ors et des mentalités de la Couronne britannique à la fin du XIXe siècle, Stephen Frears oppose la raideur protocolaire, l’esprit étriqué, la morgue de classe, le mépris permanent de cette cour obtuse et la bienheureuse fraîcheur de cet « étranger » qui apporte un savoir nouveau, d’autres usages, des références inconnues et une culture lointaine à une reine Victoria qui rêve de s’en imprégner. À travers le récit enjoué de cette amitié hors norme entre un domestique indien et sa souveraine, un hymne à la tolérance, au dialogue, à la liberté.

 

Télérama

Les reines d’Angleterre réussissent décidément à Stephen Frears. Après Elizabeth II dans The Queen (2006), la fin de règne de Victoria lui a inspiré une nouvelle charge contre la monarchie britannique. Une satire d’autant plus mordante qu’elle se pare des atours ­romanesques d’une reconstitution historique de luxe…

En 1887, Victoria est une vieille femme fatiguée, dépressive, qui souffre d’« obésité morbide » — il faut la faire rouler sur son lit comme un tapis pour parvenir à la lever ! Lors de son jubilé d’or, elle est subjuguée par un jeune ­valet indien venu lui rendre hommage. Abdul, modeste gratte-papier à la prison de Calcutta, va devenir le professeur de langues de l’impératrice des Indes, et bien plus encore : un guide spirituel. Voire un élixir de jouvence.

Le film est particulièrement incisif dans son évocation de la cour, confite dans le respect de l’étiquette, puis mise sens dessus dessous par l’arrivée d’Abdul. Car l’emprise du petit fonctionnaire musulman sur la souveraine va déchaîner les jalousies. Et, surtout, révéler le mépris de classe, le racisme des nobles britanniques à l’égard de leurs sujets colonisés. Qu’un Indien de basse extraction soit autorisé à dormir dans les combles du château de Balmoral, passe encore. Mais qu’il puisse partager l’intimité de la reine, shocking !

Le vernis des bonnes manières oxfordiennes vole en éclats quand le médecin de Sa Majesté, ulcéré de devoir examiner Abdul, déclare : « Je n’ai tout de même pas fait sept ans d’études pour soigner la bite d’un Indien ! » Le plus odieux de tous n’est autre que l’héritier du trône, le futur Edouard VII, que le comique Eddie Izzard joue avec un mélange irrésistible de componction et de cruauté.

Mais le principal atout de Confident royal reste Judi Dench. La grande dame du théâtre anglais avait porté une première fois la couronne de Victoria dans La Dame de Windsor, pour son premier grand rôle au cinéma, en 1997. Il était, déjà, question d’une relation à scandale de la monarque avec un roturier (son palefrenier écossais). Comme John Madden il y a vingt ans, Stephen Frears la filme en morte-­vivante qui, petit à petit, retrouve le goût de l’existence et son autorité naturelle. Au fil des scènes, Lady Dench multiplie les morceaux de bravoure. Qu’elle joue l’enthousiasme ou la douleur, la colère ou la tendresse, elle est toujours précise, juste. Vraiment royale.

 

Les reines d’Angleterre réussissent décidément à Stephen Frears. Après Elizabeth II dans The Queen (2006), la fin de règne de Victoria lui a inspiré une nouvelle charge contre la monarchie britannique. Une satire d’autant plus mordante qu’elle se pare des atours ­romanesques d’une reconstitution historique de luxe…

En 1887, Victoria est une vieille femme fatiguée, dépressive, qui souffre d’« obésité morbide » — il faut la faire rouler sur son lit comme un tapis pour parvenir à la lever ! Lors de son jubilé d’or, elle est subjuguée par un jeune ­valet indien venu lui rendre hommage. Abdul, modeste gratte-papier à la prison de Calcutta, va devenir le professeur de langues de l’impératrice des Indes, et bien plus encore : un guide spirituel. Voire un élixir de jouvence.

Le film est particulièrement incisif dans son évocation de la cour, confite dans le respect de l’étiquette, puis mise sens dessus dessous par l’arrivée d’Abdul. Car l’emprise du petit fonctionnaire musulman sur la souveraine va déchaîner les jalousies. Et, surtout, révéler le mépris de classe, le racisme des nobles britanniques à l’égard de leurs sujets colonisés. Qu’un Indien de basse extraction soit autorisé à dormir dans les combles du château de Balmoral, passe encore. Mais qu’il puisse partager l’intimité de la reine, shocking !

Le vernis des bonnes manières oxfordiennes vole en éclats quand le médecin de Sa Majesté, ulcéré de devoir examiner Abdul, déclare : « Je n’ai tout de même pas fait sept ans d’études pour soigner la bite d’un Indien ! » Le plus odieux de tous n’est autre que l’héritier du trône, le futur Edouard VII, que le comique Eddie Izzard joue avec un mélange irrésistible de componction et de cruauté.

Mais le principal atout de Confident royal reste Judi Dench. La grande dame du théâtre anglais avait porté une première fois la couronne de Victoria dans La Dame de Windsor, pour son premier grand rôle au cinéma, en 1997. Il était, déjà, question d’une relation à scandale de la monarque avec un roturier (son palefrenier écossais). Comme John Madden il y a vingt ans, Stephen Frears la filme en morte-­vivante qui, petit à petit, retrouve le goût de l’existence et son autorité naturelle. Au fil des scènes, Lady Dench multiplie les morceaux de bravoure. Qu’elle joue l’enthousiasme ou la douleur, la colère ou la tendresse, elle est toujours précise, juste. Vraiment royale.

l assemblee cinema metz

 

Date de sortie 18 octobre 2017 (1h 39min)

De Mariana Otero

Documentaire

Nationalité Français

 

 

Le 31 mars 2016, place de la République à Paris naît le mouvement Nuit debout. Pendant plus de trois mois, des gens venus de tous horizons s’essayent avec passion à l’invention d’une nouvelle forme de démocratie.
Comment parler ensemble sans parler d’une seule voix ?

 

 

 

 

banniere l assemblee

 

Le film de Mariana Otero sort le 18 octobre sur les écrans. Il tombe à point nommé au regard de la contestation sociale qui monte en France actuellement.

Marina Otero présentera L’ASSEMBLÉE au Caméo Ariel le samedi 21 octobre à 20h15 et échangera avec le public. Soyez nombreux. Mailez, facebookez… un maximum.

 

Mot de la réalisatrice

"Beaucoup des conditions qui me sont essentielles pour tourner un film n’étaient a priori pas réunies…(rires) À commencer par le nombre de caméras et de « périscopeurs » présents sur la place qui se plaçaient sans vergogne devant mon objectif et compliquaient ma relation aux personnes filmées. En plus, la plupart des gens impliqués dans le mouvement se méfiaient des médias à qui ils reprochaient de s’intéresser à la violence plutôt qu’à la réflexion et au travail sur la place de la République. En pleine commission, lors de débats parfois houleux, je devais expliquer que j’étais réalisatrice et non reporter télé. Pas simple de le faire en quelques minutes, au milieu du brouhaha. Après quelques semaines, pour nous simplifier la vie, avec mon ingénieur du son nous avons décidé de nous accrocher dans le dos des tissus indiquant que nous n’étions pas les médias mais des documentaristes indépendants ! Il a aussi fallu souvent faire avec la violence policière qui s’est exercée tout au long du mouvement de façon incroyable, que ce soit contre les manifestants, la presse ou les cinéastes.

J’ai subi, comme beaucoup d’autres, plusieurs fois les gaz lacrymogènes et les grenades de désencerclement, en manifestation ou aux abords de la place. J’ai été aussi empêchée de filmer et emmenée au commissariat avec mon équipe après que l’on m’ait confisqué pendant plusieurs heures mon matériel, sous le prétexte mensonger qu’il était interdit de filmer. Bref les conditions n’étaient pas idéales. Malgré ces difficultés, j’ai continué de tourner jour après jour car je me sentais portée par le désir qui circulait sur la place. Et j’avais un atout : le temps. Contrairement aux medias qui s’en sont allés quand la foule des curieux a commencé à refluer, j’ai continué à filmer en ignorant combien de temps cela durerait, quelle forme cela prendrait, et où tout cela irait. Impossible d’anticiper comme sur mes autres films. Là, je filmais à l’instinct en tenant ce fil de l’assemblée, de la parole, de l’écoute et de la démocratie, véritables personnages de ce film."

 

Critiques
 
l assemblee
 

L’Assemblée, de Mariana Otero, présenté par l’Acid (l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), commence à peu près comme 120 Battements par minute, le film de Robin Campillo en lice pour la palme. À Act Up-Paris, un militant explique aux nouveaux venus les codes de la réunion hebdomadaire, comment y intervenir ou manifester son approbation. Déjà, à l’époque, l’association cherchait à rendre la prise de parole fluide et efficace. Et donc créer un espace véritablement démocratique. Vingt-cinq ans plus tard, les différents signes en vigueur à l’assemblée générale de Nuit debout ne sont pas tout à fait semblables, mais l’intention est la même.

Mariana Otero a filmé jour après jour, sur la place de la République, ce mouvement né dans le sillage des manifestations contre la loi travail, en 2016 : Nuit debout. La cinéaste, passionnée par ce à quoi elle assistait, a choisi un angle de vue dans la profusion des initiatives prises, des commissions naissantes : l’assemblée générale. Parce que c’est là que convergent toutes les revendications, les interpellations, les réflexions. C’est aussi le lieu du débat le plus ouvert à l’aléatoire, donc le plus difficile à organiser.

C’est ainsi qu’un film est né dans l’improvisation des événements, contrairement à tous ceux qu’a réalisés Mariana Otero (Histoire d’un secret, Entre nos mains, À ciel ouvert…). Pas seulement des images captées : un documentaire construit, qui entre dans l’intimité d’un collectif, avec un regard porté sur ce qui se cherche – or, Nuit debout a été une expérimentation à ciel ouvert.

Une place noire de monde, donc ; la plupart des présents sont assis, mais beaucoup restent debout tout autour ; de la pluie, une pluie récurrente, pénétrante, toujours inopportune en ce mois d’avril qui a commencé le « 32 mars » ; et des gens qui se saisissent du micro. Quelques têtes connues au début du film – Monique Pinçon-Charlot, Lordon, Ruffin – et, ensuite, surtout des anonymes. Progressivement, le spectateur se familiarise, dans cette foule mouvante, avec les visages de ceux qui sont en charge de l’organisation de l’assemblée. Des trentenaires pour la plupart, qui se posent toutes les questions possibles pour la faire vivre au mieux. Et les questions changent au fur et à mesure que dure le mouvement.

Le micro doit-il être ouvert à tout le monde, au risque que l’assemblée soit sans fin ? Parlons-nous en tant que Nuit debout ? Faut-il alterner les prises de parole entre ceux qui sont engagés dans le mouvement et les individus qui passent ? Deux minutes de temps accordé, n’est-ce pas trop court et contradictoire avec le refus du temps segmenté ? Comment écrire un communiqué à plusieurs ? Ce type d’interrogations reviennent presque en boucle sur cette place de la République, redevenue un temps une vraie place de la chose publique.

L’assemblée de Nuit debout, c’est le mythe de Sisyphe. Un chantier immense, toujours inachevé : la réinvention de la démocratie. Rien de moins. Le film de Mariana Otero le raconte parfaitement : cette soif de démocratie, cet élan pour en reconfigurer les modalités et en élargir les possibles, et la difficulté que cela représente. Sans doute la limite du mouvement résidait là. C'était en même temps sa grandeur. Et sa puissance créatrice, qui a essaimé dans les commissions, et perdure encore aujourd'hui de manière plus ou moins sous-jacente. Il aurait fallu plus de connexions avec d’autres lieux, d’autres luttes, pour que les énergies se renouvellent quand la fatigue s’est fait sentir. Des énergies considérables se sont pourtant déployées, comme le montre L’Assemblée, jusque dans les tâches matérielles, toujours entravées par la police. La cinéaste s’est aussi glissée dans les manifestations contre la loi travail, images souvent impressionnantes de confusion angoissante et de violence due à la répression policière.

Qui dit prise de parole dit écoute. La caméra de Mariana Otero s’est longuement attardée sur les personnes en train d’écouter. Ces plans sur ces visages, ces corps protégés contre l’humidité, opèrent déjà comme de précieuses archives, qui témoigneront d’une certaine jeunesse (accompagnée de beaucoup d’anciens), de ce à quoi elle ressemblait, de ce à quoi elle rêvait. On pense en regardant L’Assemblée à quelques images emblématiques de notre mémoire collective, comme celle de cette ouvrière, dans La Reprise du travail aux usines Wonder, filmée en juin 1968. L’Assemblée est un film qui se dépasse en tant que tel, et qui réinscrit, comme d’autres l’ont fait avant lui, le cinéma dans l’Histoire.

 

numero une cinema metz

 

Date de sortie 11 octobre 2017 (1h 50min)

De Tonie Marshall

Avec Emmanuelle Devos, Suzanne Clément, Richard Berry

Nationalité Français

 

 

Emmanuelle Blachey est une ingénieure brillante et volontaire, qui a gravi les échelons de son entreprise, le géant français de l'énergie, jusqu'au comité exécutif. Un jour, un réseau de femmes d'influence lui propose de l'aider à prendre la tête d'une entreprise du CAC 40. Elle serait la première femme à occuper une telle fonction. Mais dans des sphères encore largement dominées par les hommes, les obstacles d'ordre professionnel et intime se multiplient. La conquête s'annonçait exaltante, mais c'est d'une guerre qu'il s'agit.

 

 

Critiques
 
 

l atelier cinema metz

 

Date de sortie 11 octobre 2017 (1h 53min)

De Laurent Cantet

Avec Marina Foïs, Matthieu Lucci, Warda Rammach

Nationalité Français

 

 

La Ciotat, été 2016. Antoine a accepté de suivre un atelier d’écriture où quelques jeunes en insertion doivent écrire un roman noir avec l’aide d’Olivia, une romancière connue. Le travail d’écriture va faire resurgir le passé ouvrier de la ville, son chantier naval fermé depuis 25 ans, toute une nostalgie qui n'intéresse pas Antoine. Davantage connecté à l'anxiété du monde actuel, il va s’opposer rapidement au groupe et à Olivia, que la violence du jeune homme va alarmer autant que séduire.

 

 

 

Critiques
 
Un film subtil et fort - Marina Fois est parfaite
20 minutes
 
Un sommet d’intensité ★★★★
Le Parisien
 
Laurent Cantet transcende sa Palme d’Or Entre les murs
Libération
 
Brillant ★★★
JDD
 
Une leçon de vie avec une grande Marina Fois ★★★★
Culturebox
 
Essentiel
Le Monde
 
Un film majeur
Positif
 

Un film subtil et fort - Marina Fois est parfaite
20 minutes

Un sommet d’intensité ★★★★
Le Parisien

Laurent Cantet transcende sa Palme d’Or Entre les murs
Libération

Brillant ★★★
JDD

Une leçon de vie avec une grande Marina Fois ★★★★
Culturebox

Essentiel
Le Monde

Un film majeur
Positif

la passion van gogh cinema metz

 

Date de sortie 11 octobre 2017 (1h 35min)

De Dorota Kobiela, Hugh Welchman

Avec Chloé Berthier, Gabriel Le Doze, Xavier Fagnon

 Animation

Nationalités Britannique, Polonais

 

 

Paris, été 1891, Armand Roulin est chargé par son père, le facteur Joseph Roulin, de remettre en mains propres une lettre au frère de Vincent van Gogh, Theo. En effet, la nouvelle du suicide du peintre vient de tomber. Armand, peu enchanté par l’amitié entre son père et l’artiste, n’est pas franchement ravi par sa mission. À Paris, le frère de Van Gogh est introuvable. Le jeune homme apprend alors par Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, que Theo, visiblement anéanti par la disparition de son frère aîné, ne lui a survécu que quelques mois. Comprenant qu’il a sans doute mal jugé Vincent, Armand se rend à Auvers-sur-Oise, où le peintre a passé ses derniers mois, pour essayer de comprendre son geste désespéré. En interrogeant ceux qui ont connu l’artiste, il découvre combien sa vie a été surprenante et passionnée. Et que sa vie conserve une grande part de mystère.

 

 

Critiques
 
 

dans la foret enchantee de oukybouky cinema metz

 

Date de sortie 11 octobre 2017 (1h 12min)

De Rasmus A. Sivertsen

Avec Erwin Grunspan, Maxime Donnay, Mikaël Sladden

Animation

Nationalité Norvégien

 

 

A partir de 3 ans

Il fait bon vivre dans la Forêt de Oukybouky. Pourtant, les souris Lucien et Sam la Vadrouille, Maître Lièvre et la Famille Écureuil doivent rester prudents car certains voisins ont parfois le ventre creux et les dents longues... Quand Marvin le Renard et Horace le Hérisson tentent de croquer Lucien et sa grand-mère, les habitants de la forêt décident d’agir. Mais comment persuader Marvin et Horace qu’ils devront désormais remplir leurs assiettes avec des noisettes ?

 

 

Critiques
 
 
the square cinema metz

 

Date de sortie 18 octobre 2017 (2h 25min)

De Ruben Östlund

Avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West

Nationalités Suédois, Allemand, Danois, Français

 

 

Palme d'or au Festival de Cannes 2017

Christian est un père divorcé qui aime consacrer du temps à ses deux enfants. Conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain, il fait aussi partie de ces gens qui roulent en voiture électrique et soutiennent les grandes causes humanitaires. Il prépare sa prochaine exposition, intitulée « The Square », autour d’une installation incitant les visiteurs à l’altruisme et leur rappelant leur devoir à l’égard de leurs prochains. Mais il est parfois difficile de vivre en accord avec ses valeurs : quand Christian se fait voler son téléphone portable, sa réaction ne l’honore guère… Au même moment, l’agence de communication du musée lance une campagne surprenante pour The Square : l’accueil est totalement inattendu et plonge Christian dans une crise existentielle.

 

Critiques
 
the square 
 
Télérama
 

La Palme d’or de cette année risque de faire naître bien des débats houleux dans les dîners en ville. Ce genre de dîners, justement, qui sont le lot quotidien de Christian, le conservateur quadragénaire d’un grand musée d’art contemporain de Stockholm. Le très séduisant Christian (Claes Bang, magnifique acteur danois aux allures de James Bond intello) a une haute idée de la culture et une idée tout aussi haute de lui-même. Dès la séquence inaugurale, piquante, une journaliste (Elisabeth Moss) lui lit un texte hermétique de présentation du musée, auquel elle n’a rien compris.
On imagine aussitôt, de la part de Ruben Östlund — dont on avait découvert la causticité dans Snow Therapy, en 2015 —, un exercice un peu facile de moquerie de l’art contemporain. Pourtant, quand monsieur le conservateur s’explique, il en revient tout simplement au principe du ready-made de Marcel Duchamp : le seul geste délibéré d’exposer un vulgaire objet du quotidien dans un musée peut en faire une œuvre d’art…
Le dispositif que Christian s’apprête à présenter dans son musée lui tient à cœur. Un grand carré tracé au sol avec ce texte explicatif : « Le Square est un sanctuaire où règnent confiance et altruisme. Dedans, nous sommes tous égaux en droits et en devoirs. » Et il croit dur comme fer à la candeur de cette installation que l’on peut voir comme une allégorie de la social-démocratie idéale… Un jour, dans l’indifférence générale des passants, Christian vient en aide à une jeune femme en détresse, et le voilà tout fier de son courage et de son altruisme. Quelques minutes plus tard, pourtant, il constate qu’il s’agissait d’une mise en scène pour lui voler son portefeuille et son portable.
Tout l’esprit de Ruben Östlund se ­déploie déjà dans cette séquence qui souffle le chaud et le froid, l’humanisme et le cynisme. Car, au-delà de ces piques, plutôt drôles, sur l’art conceptuel, The Square est une critique, d’une revigorante ironie, de nos sociétés con­fortables (intellectuellement, financièrement) et de plus en plus coupables et culpabilisées de l’être, quand la misère est recroquevillée, dans le froid, à chaque coin de nos rues. Comment (r)établir la solidarité alors que l’homme reste un loup pour l’homme ? Christian, vexé d’avoir été dupé dans sa confiance, imagine un subterfuge pour récupérer son portefeuille et son téléphone : œil pour œil, dent pour dent. L’intellectuel se croit malin, au volant de sa Tesla, dans cette banlieue qui l’effraie où il cher­che les coupables. Pourtant, sa machination va humilier un gamin et bouleverser Christian…
Quelle mise en scène brillante ! Chaque plan est une composition rigoureuse jouant sur le champ et le hors-champ, où le cinéaste suédois explore les rapports tendus entre nature et culture, entre dominants et dominés. Le moment le plus hilarant ? Une dispute insolite, après une nuit de sexe, où Christian a une manière toute ridicule de veiller sur sa virilité… La séquence la plus époustouflante, elle, est un véritable happening. Lors d’un dîner de gala en faveur des généreux donateurs du musée, un performeur sème la terreur entre les tables en ­imitant un grand singe dominateur. Malaise dans la civilisation. Là encore, Ruben Östlund étire ce violent moment de gêne jusqu’au paroxysme, et nous interroge sur notre propre lâcheté… Le film finit pourtant sur une note d’espoir. Loin d’être mièvre, ce semblant de happy end, après deux heures de causticité, est un encouragement à ­entrer dans « le Square ».

 

zombillenium cinema metz

 

Date de sortie 18 octobre 2017 (1h 18min)

De Arthur de Pins, Alexis Ducord

Avec Emmanuel Curtil, Kelly Marot, Alexis Tomassian

Animation

Nationalité Français

 

 

A partir de 6 ans

Dans le parc d’attractions d’épouvante Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité... Jusqu'à l'arrivée d'Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Francis, le Vampire qui dirige le Parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret. Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector broie du noir... Et si il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium ?

 

Critiques
 
zombillenium 
 
Le Monde
 

Zombillénium, c’est le nom d’un parc d’attraction horrifique où vampires, sorcières, loups-garous et zombies se plient en quatre pour effrayer les visiteurs en quête de sensations fortes. Mais les employés sont vite fatigués de divertir et le parc doit absolument se réinventer sous peine de mettre la clé sous la porte. Hector, un père de famille devenu monstre, tente de braver les obstacles et de redorer le blason de ce parc qu’il aurait voulu visiter avec sa progéniture.
Adapté de la bande dessinée éponyme d’Arthur de Pins, initialement publiée dans Spirou magazine et édité chez Dupuis, Zombillénium réussit le beau pari de déniaiser un tant soit peu le dessin animé à destination du jeune public. Arthur de Pins et Alexis Ducord donnent vie à un univers singulier peuplé de sympathiques créatures où se mêlent parfaitement horreur et humour. D’une constante créativité graphique et scénaristique, Zombillénium a en outre la délicatesse de ne pas laisser sur le bas-côté son public adulte.

 

le journal d une femme de chambre cinema metz

 

Date de sortie 18 octobre 2017 (1h 32min)

De Luis Buñuel

Avec Jeanne Moreau, Georges Géret, Michel Piccoli

Nationalités Français, Italien

 

 

Dans les années 30, Célestine, une jeune femme de chambre de 32 ans, arrive de Paris pour entrer au service d'une famille de notables résidant au Prieuré, leur vaste domaine provincial. La maîtresse de maison, hautaine et dédaigneuse avec sa domesticité, est une puritaine frigide, maniaque et obsédée par la propreté. Célestine doit alors affronter les avances du mari sexuellement frustré, ainsi que le fétichisme du patriarche, un ancien cordonnier qui lui demande de porter des bottines qu'il tient jalousement enfermées dans un placard. Malgré sa répugnance, Célestine est contrainte de côtoyer Joseph, le palefrenier de ses patrons, un rustre aux tendances sadiques, racistes et activiste d'extrême droite. Celui-ci a d'ailleurs des vues sur elle, l'associant à son projet de s'établir bistrotier. Claire, une petite fille pour laquelle Célestine s'est prise d'affection, est retrouvée violée et assassinée. Célestine est persuadée de la culpabilité de Joseph et feint d'accepter de devenir sa femme pour obtenir ses aveux. Devant son mutisme, elle fabrique de faux indices pour le confondre, tout cela en pure perte, puisqu'il sera finalement innocenté et partira ouvrir son bistro avec une autre femme. Parallèlement, Célestine entreprend de se faire épouser par le voisin de ses patrons, l'ex capitaine Mauger, un retraité aisé, autoritaire et tonitruant qu'elle domine cependant en exerçant subtilement son pouvoir de séduction...

 

banniere le journal d une femme de chambre

 

Critiques
 
Télérama
 

Le film suit le regard ironique et acéré de Célestine, souris malicieuse qui vit dans les couloirs et respire des bouffées d'air vicié à chaque porte qui s'ouvre. La maison où la jeune femme officie ressemble à une prison cossue, où Buñuel se réjouit d'avoir coffré tous les représentants d'une société qu'il exècre : les bourgeois, incapables de connaître le plaisir, les gens d'Eglise, mielleux et frustrés (impayable apparition de Jean-Claude Carrière !), et le petit peuple d'extrême droite, visqueux et cruel.
En repoussant de vingt ans l'action du roman d'Octave Mirbeau, le cinéaste s'offre une belle vengeance sur ceux qui bâillonnèrent ses débuts, dans les années 1930. Le « Vive Chiappe ! » que scandent des manifestants « anti-métèques » à la fin du film est une allusion ironique au préfet du même nom, qui fit interdire en France L'Age d'or, chef-d'oeuvre subversif de Buñuel. Cette fois, laissant ses ardeurs surréalistes de côté, celui-ci épure son style, pour se mettre au ras du quotidien. Même la célèbre scène fétichiste des bottines est un modèle de dépouillement. Le détachement cynique de Jeanne Moreau fait merveille. Le « Merde ! » qu'elle profère sans crier gare est un véritable régal.

la belle et la meute cinema metz

 

Date de sortie 18 octobre 2017 (1h 40min)

De Kaouther Ben Hania

Avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda

Nationalités Tunisien, Français, Suédois, Norvégien, Libanais, Qatarien, Suisse

 

 

Lors d'une fête étudiante, Mariam, jeune Tunisienne, croise le regard de Youssef.
Quelques heures plus tard, Mariam erre dans la rue en état de choc.
Commence pour elle une longue nuit durant laquelle elle va devoir lutter pour le respect de ses droits et de sa dignité. Mais comment peut-on obtenir justice quand celle-ci se trouve du côté des bourreaux ?

 

 

 

Critiques 
 
la belle et la meute
 
Télérama
 

Victime d'un viol, une Tunisienne lutte, en pleine nuit, pour obtenir justice et défendre sa dignité, toujours plus combative alors qu’elle affronte mépris et menaces. Après un premier film piquant, Kaouther Ben Hania revient avec une œuvre choc, présentée à Un certain regard.
Mariam est belle, ronde, appétissante et insouciante. Pour une fête étudiante, cette jeune Tunisienne s’habille comme une bombe, prête à s’amuser avec ses copines, au milieu de jeunes hommes qui n’ont rien à redire devant cette liberté féminine. Mais quelques heures plus tard, voilà la jeune fille, débraillée, sans chaussures et sans sac, qui erre dans la rue, en état de choc. Mariam a été violée. Mariam ne sait pas quoi faire. Elle a honte. Quand elle tombe sur Youssef, dont elle avait croisé le regard à la fête, celui-ci la convainc de porter plainte. Commence une longue nuit de lutte, d’hôpital en commissariats, de rebuffades en coercitions plus ou moins menaçantes, pour faire respecter ses droits. Face à une justice qui se trouve du côté des bourreaux, la petite poupée chancelle, mais ne plie pas…

Seule face à ses bourreaux

Après l’étonnant Challat de Tunis, où elle dénonçait le machisme ordinaire de son pays avec un humour piquant, la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania frappe beaucoup plus fort avec ce parcours d’une petite combattante pour sa dignité. Elle la suit, la soutient, dans la moindre de ses hésitations et de ses peurs, lors de plans-séquences remarquables dans des bâtiments administratifs où chaque visage masculin affiche un mépris latent – quand il n’est pas une menace potentielle.
Soudain, devant un commissariat où des mâles rient, Mariam retrouve son sac, identifie ses violeurs et la tension monte d’un cran. Seuls quelques hommes la soutiennent : Youssef, le jeune journaliste courageux, et un vieux policier, paternel, mais qui ne fait pas le poids contre ses collègues brutaux. Les autres femmes ? Une fliquette enceinte et une infirmière voilée font ce qu’elles peuvent, mais elles-mêmes, on le pressent, ont dû tellement lutter, en silence, pour se faire respecter…
La Belle et la meute, de Kaouther Ben Hania (Aala Kaf Ifrit, Tunisie, 1h40). Avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda. Présenté à Un certain regard. En attente de sortie en salles.
Mariam se retrouvera seule face aux violeurs et à leurs complices : scène à huis clos qui empeste la mauvaise testostérone et tord le ventre. Mais, étrangement, c’est cette solitude qui semble finir de galvaniser la jeune fille. La proie n’a plus peur, n’a plus honte. Comme si la réalisatrice tenait à montrer que les jeunes Tunisiennes ne peuvent compter que sur elles-mêmes. Et le dernier plan est l’un des plus gonflés que l’on ait vu sur la femme arabe, avec un voile qui se transforme en… cape de super-héroïne. Thriller féministe étonnant, La Belle et la meute est, avant tout, la chronique haletante de la naissance d’une conscience politique.