que dios nos persone cinema metz

 

Date de sortie 9 août 2017 (2h 06min)

De Rodrigo Sorogoyen

Avec Antonio de la Torre, Roberto Álamo, Javier Pereira

Nationalité Espagnol

 

 

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît XVI.
C’est dans ce contexte hyper-tendu que l'improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l'enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion…
Une course contre la montre s’engage alors, qui progressivement les révèle à eux-mêmes ; sont-ils si différents du criminel qu'ils poursuivent ? 

Critiques 
 
Télérama
 
Après avoir longtemps et volontairement dissimulé l'Histoire sous le formalisme, les films policiers n'hésitent plus à inscrire l'enquête criminelle dans le contexte politique et social du pays où elle se déroule. Comme dans le récent et formidable Le Caire confidentiel, de Tarik Saleh, qui reliait le meurtre d'une chanteuse à la révolution égyptienne. En situant son polar en 2011, dans Madrid étouffé par la canicule et envahi par les fidèles de Benoît XVI et par les manifestants du mouvement des Indignés, le cinéaste permet à sa fiction de s'affronter au réel. Et lui offre par un supplément d'âme (torturée)... Pendant que la jeunesse catholique communie dans l'allégresse et que la gauche espagnole se réinvente collectivement sur la Puerta del Sol, deux policiers enquêtent sur une série de viols suivis de meurtres, dont les victimes sont toutes des vieilles dames. L'opposition entre le sacré et le profane, entre la pureté et la corruption, vient contaminer les policiers eux-mêmes, en proie à des pulsions de violence qui les rapprochent de l'homme qu'ils traquent. Le flic bègue, d'un tempérament calme à côté de son collègue au sang chaud et volontiers bagarreur, devient, ainsi, en présence de la femme de ménage qu'il convoite, un prédateur sexuel malgré lui. Dans cette ville grouillante de touristes et de militants qui cohabitent dans une relative indifférence, le tueur en série à la gueule d'ange vient rappeler que le mal peut s'immiscer partout. Après La Isla mínima, qui mêlait, déjà, les codes du polar à la politique contemporaine, ce thriller vient confirmer l'excellente santé du cinéma de genre espagnol.
 
Le figaro
 
Dans Que Dios nos perdone, Rodrigo Sorogoyen suit les traces de deux personnalités ambiguës. La cruauté du monde les a dévastés. Les silences de l'un cachent de solides traumatismes. Les bouffées de violence de l'autre masquent une tendresse qui a du mal à s'exprimer. Le cinéma espagnol affiche une santé de tous les diables. Que Dios nos perdone en est une preuve supplémentaire.