un jour ca ira cinema metz

 

Date de sortie 11 janvier 2018 (1h 30min)
De Stan Zambeaux, Edouard Zambeaux
Documentaire
Nationalité français

 

 

Djibi et Ange, deux adolescents à la rue, arrivent à l’Archipel, un centre d'hébergement d'urgence au cœur de Paris. Ils y affrontent des vents mauvais, des vents contraires, mais ils cherchent sans relâche le souffle d'air qui les emmènera ailleurs. Et c'est avec l'écriture et le chant qu’ils s’envolent… et nous emportent. Une plongée au coeur de l’Archipel, un centre qui propose une façon innovante d’accueillir les familles à la rue.  

 

 

 

 

Critiques
 
Télérama
 

Ange et Djibi ont 13 ans et habitent « au 115 » — le numéro de téléphone pour tenter d’obtenir un hébergement d’urgence. De chambres d’hôtel minables en foyers surpeuplés, elle et son père, lui et sa mère, n’ont connu que la préca­rité, la fatalité de devoir sans cesse refaire ses bagages pour rejoindre un énième logement temporaire : « Je passe ma vie à déplacer ma vie dans des valises », dit joliment Djibi, le « serial déménageur »… Quand les frères Zambeaux les ont rencontrés, début 2016, les deux collégiens avaient trouvé un refuge pas comme les autres. A l’Archipel, ancien immeuble de bureaux cossu (aujourd’hui en travaux) du très chic 8e arrondissement de Paris, les murs se délabraient et le confort était spartiate. Mais les enfants y trouvaient leur bonheur, grâce au travail exemplaire des associations et des travailleurs sociaux.

Le film, très attachant, chronique les derniers mois de cette étonnante tour de Babel sociale, entre chaleur de la vie en communauté et tension liée à l’imminence de la fermeture. Avec une justesse de tous les plans et le plus grand respect pour les « mal-logés ». Fil rouge du documentaire, les ateliers ­artistiques permettent aux enfants de mettre des mots sur leur honte, leurs souffrances, mais aussi leur espoir en une vie meilleure. Ange, la timide, s’affirme par le chant. Djibi, le chef de bande gouailleur, révèle, lui, un vrai ­talent d’écriture : il est même publié dans Libération, et il râle parce qu’un journaliste voudrait couper trois mots dans son article ! Quand l’adolescent, déjà si mature malgré son visage enfantin, lit devant les familles de l’Archipel le très beau texte sur son existence de « nomade », sa voix se noue. Son émotion est contagieuse.

 

Au-delà du journalisme

A l’origine de Un jour ça ira, il y avait l’envie pour Stan et Edouard Zambeaux de faire quelque chose de beau pour décrire une réalité souvent présentée sous son aspect uniquement miséreux. Les deux cinéastes voulaient magnifier leurs personnages et montrer que la situation extrêmement difficile dans laquelle ils sont n’atteint pas leur dignité, le tout dans une approche esthétique. Ils expliquent :

"Il y avait cette volonté-là et c’est en cela qu’on est à mes yeux au delà du journalisme. Çela parle d’un regard sur la société, de l’ampleur d’un phénomène. Et puis le traitement se veut beaucoup moins descriptif qu’une approche journalistique. Je n’aime pas du tout l’injonction du positif et il n’était pas question d’y céder. Nous n’avons pas modifié la réalité, mais il y a de la poésie chez ces enfants même quand ils sont au 115. Nous voulions juste avoir un regard bienveillant, optimiste, nous laisser surprendre et nous laisser porter par l’énergie spontanée qui émanait de ce lieu."

 

Magazine janvier

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