kings cinema metz

 

Date de sortie 11 avril 2018 (1h 27min)
De Deniz Gamze Ergüven
Avec Halle Berry, Daniel Craig, Kaalan Walker
Nationalités Français, Américain

 

1992, dans un quartier populaire de Los Angeles.
Millie s’occupe de sa famille et d’enfants qu’elle accueille en attendant leur adoption.
Avec amour, elle s’efforce de leur apporter des valeurs et un minimum de confort dans un quotidien parfois difficile.
A la télévision, le procès Rodney King bat son plein. Lorsque les émeutes éclatent, Millie va tout faire pour protéger les siens et le fragile équilibre de sa famille.

 

 

 

 

Critiques
 
kings
 
Télérama
 

Combien en a-t-elle, des enfants ? Une tripotée, qui déborde de la maison et qu’elle couve en mère poule. Il y a les siens et ceux des autres, qu’elle abrite en attendant leur adoption. Cette mère courage, Millie (Halle Berry), tranche avec les personnages habituels de ce genre de cinéma en prise avec le réel. Car nous sommes en 1992, à la veille des émeutes sanglantes qui ont ravagé le ghetto de South Central, à Los Angeles, majoritairement habité par des Afro-Américains. Un contexte violent, mais tempéré, donc, par cette figure maternelle. Millie s’inquiète, se hâte, gronde, s’efforçant surtout de protéger sa marmaille. Autour de sa maison, la ville implose. La réalisatrice filme la confusion qui gagne le quartier et la famille de Millie, en voie d’éparpillement. Kings combine les vues à petite et à grande échelle (plans impressionnants sur la ville qui brûle), brasse situations et personna­ges. Avec, toujours, ce leitmotiv obsédant, décisif, de la vidéo du passage à tabac de Rodney King, diffusé en boucle sur toutes les chaînes de télé.

Le film montre que ce genre d’insurrection produit une multitude d’émotions, parfois opposées. Il y a les chanceux et les damnés, ceux qui gagnent un téléviseur à la faveur d’un pillage, ceux qui perdent un enfant. Deniz Gamze Ergüven mélange le drame et la comédie, les petites absurdités et les grandes injustices. La greffe entre les divers registres ne prend pas toujours. Certaines scènes rocambolesques, telle celle de Millie menottée à un réverbère avec son voisin (Daniel Craig), ne tiennent pas toutes leurs promesses de loufoquerie affectueuse. N’empêche, le regard kaléidoscopique de la réalisatrice séduit, comme sa manière de saisir le magma urbain, sans jeter d’huile sur le feu. Kings écarte tout nihilisme et toute victimisation (un trait commun avec Mustang, son premier film, en 2015), cherche toujours à ­défendre la vie et l’espoir, avec un humanisme dénué d’angélisme.

 

Magazine mars

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