senses 1 2 cinema metz

 

Date de sortie 9 mai 2018 (2h 19min)
De Ryusuke Hamaguchi
Avec Sachie Tanaka, Hazuki Kikuchi, Maiko Mihara
Nationalité Japonais

 

 

A Kobe, au Japon, quatre femmes partagent une amitié sans faille. Du moins le croient-elles : quand l’une d’elles disparaît du jour au lendemain, l’équilibre du groupe vacille. Chacune ouvre alors les yeux sur sa propre vie et comprend qu’il est temps d'écouter ses émotions et celles des autres…

 

 

 

 

 

Critiques
 
senses
 
Télérama
 

Cinq heures et dix-sept minutes. L’ampleur de ce film, doublement primé au festival de Locarno en 2015 (sous le titre Happy Hour), constituait une gageure commerciale. Le distributeur a opté pour une solution originale : il a découpé cet objet de cinéma hors norme en épisodes, à la manière d’une série, pour feuilletonner la sortie en salles pendant trois semaines consécutives. Un choix audacieux et pertinent : le développement des personnages, dans toute leur complexité, évoque la richesse psychologique et romanesque des meilleures séries télé contemporaines.

Quatre actrices non professionnelles — toutes formidables —, interprètent quatre amies de Kobé. Jun, la plus émancipée, est à l’origine du quatuor. C’est elle qui, aujourd’hui, ­menace de le faire éclater : après avoir révélé à une seule de ses confidentes qu’elle voulait divorcer, elle disparaît mystérieusement… Dans les premières minutes du film, les quatre femmes participent à un étrange stage de développement personnel pour trouver « des manières non conventionnelles de communiquer avec les autres ». La séquence, quasi documentaire, dure près de quarante minutes. Elle pourrait être fastidieuse, voire ridicule. Pourtant, elle fascine : le travail sur la durée permet d’interroger la vérité des apparences, de faire comprendre la fragilité des liens entre les quatre amies. Leur solitude, aussi.

Plus loin dans le récit, une autre scène au long cours permet de mieux saisir la démarche du cinéaste . C’est la lecture publique d’une histoire où il ne se passe pas grand-chose (comme dans Senses) jusqu’à ce que la récitante glisse quelques mots sur les « choses [qu’elle a] manquées ». Le plus important, dans le texte comme dans le film lui-même, n’est pas le récit — aux ­rebondissements d’ailleurs limités — mais le ressenti des héroïnes, qui en deviennent bouleversantes. La voix neutre de la lectrice fait écho à la réalisation épurée de Ryûsuke Hamaguchi. Mais la simplicité affichée révèle des moments de grande beauté. Et de superbes trouvailles de mise en scène.

 

Le Parisien

C’est une série sur grand écran. « Senses », dont les épisodes 1 et 2 sortent ce mercredi en salles (ils sont projetés l’un après l’autre, comme les volets 3 et 4 le seront à partir du 9 mai, avant la sortie de l’ultime épisode le 16 mai), propose une immersion dans la vie de quatre Japonaises d’une quarantaine d’années. Fumi, Akari, Sakurako et Jun sont amies, mais ne se disent pas tout. Un jour, l’une d’elles disparaît pour fuir un conjoint qu’elle n’aime plus. Les trois autres vont alors remettre en cause leurs propres choix - de couple ou de célibat…

Réalisé par un cinéaste qui présentera un film en compétition à Cannes dans quelques jours, « Senses 1 & 2 » montre le quotidien de ces quatre femmes en alternant des séquences à fort enjeu dramatique et d’autres, qui semblent plus anecdotiques. Mais à travers ce récit lent, voire contemplatif, la série aborde les questions du mariage, du célibat, du divorce, de l’avortement, de l’éducation des enfants, de la condition des femmes dans le Japon d’aujourd’hui. Et on finit par s’attacher à ce quatuor féminin - sobrement et subtilement interprété - qui se débat avec ses envies de libertés dans une société traditionnelle.

 

Magazine mai

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