volontaire cinema metz

 

Date de sortie 6 juin 2018 (1h 41min)
De Hélène Fillières
Avec Lambert Wilson, Diane Rouxel, Corentin Fila
Nationalité Français

 

 

Laure a 23 ans. Elle se cherche. C’est dans la Marine Nationale qu’elle va trouver un cadre, une structure, des repères. Solide et persévérante, elle va faire son apprentissage et découvrir sa voie.

 

 

 

 

 

Critiques
 
Télérama
 

Elle est blonde, douce, apparemment fragile. Mais non. Laure (Diane Rouxel) se révèle décidée, voire obstinée… Ce qui est beau dans le film d’Hélène Fillières, c’est l’apprentissage que son héroïne accomplit, regard clair et dents serrées, dans la voie qu’elle a choisie (à la stupéfaction de sa mère, une actrice célèbre) : la marine. Sans doute est-ce cette contradiction qui l’a, au départ, attirée : l’ordre après une adolescence forcément bohème. La force du rituel, aussi : c’est fou la ­liberté qu’il offre lorsqu’on sait s’en servir intelli­gemment.

On suit donc une à une les épreu­ves que Laure ­subit, et les obstacles qu’elle vainc. L’un d’eux, totalement inattendu, se révèle amoureux : ­l’attirance qu’elle éprouve, ou plutôt qu’elle exerce, sur un commandant quinquagénaire (Lambert Wilson). Au demeurant, c’est lui le plus troublé des deux, le plus gêné d’éprouver un sentiment, depuis longtemps oublié, pour une aussi jeune recrue. La réalisatrice suit avec sensibilité — un brin d’amusement, aussi — la progression d’un désir qui ne s’exprimera jamais, sinon par les regards, de plus en plus intenses, qu’elle et lui s’échangent, assis à leurs bureaux respectifs que juste une vitre sépare. Une tension qu’un déplacement en jeep rend encore plus palpable. Si ce n’est que, si le commandant n’en mène pas large, Laure, elle, ne dévie jamais vraiment du but qu’elle s’est fixé. Au point, s’il le faut, de rompre avec un amant très charmant (Jonathan Couzinié), dont elle sent qu’il risque d’être un frein à son destin. La camaraderie l’aide davantage : notamment celle qui la lie à l’enseigne de vaisseau Dumont, fraternel et gay (Corentin Fila).

Il y a pas mal de temps, en 1953, dans le beau film de Jean Grémillon, L’Amour d’une femme, Micheline Presle était amenée à sacrifier sa vie sentimentale à son désir d’être infirmière. Rien de tel pour Diane Rouxel : ce choix cornélien n’a aucun sens pour le personnage qu’elle incarne, puisque Laure vit pour elle, et non plus en fonction des autres. Ce n’est pas de l’égoïsme, mais de la survie. Volontaire est le récit d’un épanouissement, que la mise en scène d’Hélène Fillières rend ardu et complexe : reflet parfait du monde d’aujourd’hui. Un film joliment et fermement féministe.

 

Magazine juin

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