a genoux les gars cinema metz

 

Date de sortie 20 juin 2018 (1h 38min)
De Antoine Desrosières
Avec Souad Arsane, Inas Chanti, Sidi Mejai
Nationalité Français

 

 


Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Le film est présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2018

En l'absence de sa sœur Rim, que faisait Yasmina dans un parking avec Salim et Majid, leurs petits copains ? Si Rim ne sait rien, c'est parce que Yasmina fait tout pour qu'elle ne l'apprenne pas. Quoi donc ? L’inavouable… le pire… la honte XXL, le tout immortalisé par Salim dans une vidéo potentiellement très volatile.

  

 

Critiques
 
Télérama
 

Deux filles et deux garçons, banlieusards, se confrontent à la question du sexe, de la parité et de l’émancipation des femmes… On pouvait craindre un pastiche de mauvais goût, le film se révèle courageux, porté par de remarquables acteurs.

Attention, objet inflammable, et qui prouve (comme Gräns, du Suédois Ali Abbasi, dans un autre genre) que la sélection d’Un certain regard est des plus gonflée, cette année !

Deux filles et deux mecs des « quartiers ». Rendez-vous à la piscine, ou au centre commercial, sur le mode « Et toi, tu es sur qui ? », avec propos sexuels crus, et baratinage sans fin. Jusque-là, rien de nouveau sous le soleil voilé (ou pas) de la banlieue, où la jeunesse tchatche et tchat, téléphones greffés à la main, un flow ininterrompu de banalités du quotidien. Pourtant, d’emblée, quelque chose met mal à l’aise dans cette histoire de deux jeunes filles confrontées à la question de la fellation comme acte « normal » d’allégeance au désir masculin. Faut-il ou non se mettre à genoux, surtout quand les gars, qui vous réclament ce geste comme une preuve d’amour des plus naturelles, argumentent comme des crétins ?

Asservies et rebelles
Et les filles, acceptant, ne sont pas plus malines, victimes d’un chantage affectif au rabais. Ainsi, un soir, dans un parking, Yasmina accepte de faire une « gâterie » au mec de sa sœur absente, convaincue de « rendre service ». Une fois fait, le chantage prend des teintes encore plus humiliantes : avec la menace des réseaux sociaux, l’acte sexuel filmé devient une arme de coercition. Une fugue, et la rencontre avec un autre garçon, qui envisage le sexe avec énormément de décontraction et de parité, pourrait bien être la clé d’une vraie émancipation, d’un plaisir, enfin, partagé, pour la survitaminée Yasmina.

Répétons-le : on peut, au début, craindre le pastiche de mauvais goût du désordre amoureux et sexuel en banlieue, et croire, à tort, à un regard moqueur de la part du cinéaste. Vraiment courageux, le film laisse d’ailleurs persister ce malaise un bon moment. Un indice, majeur, aide à ne pas juger trop vite : ce troisième long métrage d’Antoine Desrosières (A la belle étoile, Banqueroute), filmé en dix-huit jours, après quatre mois de répétitions, a été co-écrit par ses deux interprètes féminines, Souad Arsane et Inas Chanti, remarquables en petites meufs à la fois asservies et rebelles, au débit de mitraillettes. Ils sont rares les films à traiter de sujets aussi brûlants en prenant le risque d’être, à ce point, aux antipodes du politiquement correct. Et à faire confiance au spectateur pour pousser, au moment où il le faut, un grand ouf de soulagement, et à adhérer d’autant plus, in fine, au réjouissant message du film.

Le retournement se dessine, donc, petit à petit, puis advient, éclatant. La honte change de camp. Et un plan séquence, incroyable, dans des toilettes, devient un manifeste féministe des plus galvanisant. Mais, si ce sont les filles qui gagnent, respect total pour les jeunes acteurs Sidi Mejai et Mehdi Dahmane, pour avoir accepté d’incarner, sans rougir, ces deux petits dindons de la farce machiste. Bravo, les gars.

 

20 minutes

Antoine Desrosières a fait éclater de rire les spectateurs de A genoux les gars, présenté dans la sélection Un certain regard. Cette comédie aux dialogues très crus fait une bien fou en parlant de sexualité chez des jeunes pas toujours très malins et ce, sur fond de chantage à la sextape.

Le réalisateur de Haramiste s’est bien amusé devant les réactions majoritairement positives mais parfois choquées des premiers spectateurs de son film. « C’est magique d’entendre les gens rire et de les sentir passer par toute une gamme d’émotions » explique-t-il à 20 Minutes.

Une scène de fellation
Le cinéaste a pris un vrai plaisir à discuter avec les spectateurs de son film. « Certains sont scandalisés et je pense que cela en dit plus sur eux que sur A genoux les gars, dit-il. Je suis très intéressé de savoir ce qui les a choqués. » Une scène de fellation fort drôle a visiblement troublé plusieurs personnes. « Les comportements que je décris existent, précise Antoine Desrosières, mais ce n’est pas par ce que je montre des choses discutables que je les approuve, bien au contraire. »

 

Magazine juin

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