desobeissance cinema metz

 

Date de sortie 13 juin 2018 (1h 54min)
De Sebastián Lelio
Avec Rachel Weisz, Rachel McAdams, Alessandro Nivola
Nationalité Américain

 

 

Une jeune femme juive-orthodoxe, retourne chez elle après la mort de son père. Mais sa réapparition provoque quelques tensions au sein de la communauté lorsqu'elle avoue à sa meilleure amie les sentiments qu'elle éprouve à son égard...

 

 

 

 

 

 

Critiques
 
Télérama
 

Tous les ingrédients du scandale sont là. Dans la communauté juive orthodoxe de Londres, Ronit, une photographe exilée à New York, revient enterrer son père, rabbin, qui l’avait répudiée. Elle n’a pas été invitée, elle est l’intruse. Le jeune rabbin désigné comme le successeur de son père l’accueille, pourtant. Il s’appelle David et vit avec Esti, une jeune femme effacée, soumise aux traditions de sa religion. Mais qui a aimé Ronit autant que Ronit l’a aimée… En soufflant sur les charbons ardents d’une passion interdite et jamais éteinte, le réalisateur semble jouer avec le feu. Il sait créer la tension d’un thriller sentimental, avec des personnages qui, sortis d’un roman de Naomi Alderman, semblent presque trop évidents. Ronit, la femme libre, incarne la modernité transgressive. David, le jeune rabbin, représente la loi, éternelle et archaïque, punitive. Et Esti symbolise le sacrifice. Avec cette distribution des rôles, les chocs sont inévitables, violents. Mais c’est, au contraire, la note feutrée du meilleur cinéma intimiste qui l’emporte dans Désobéissance.

Par-delà l’affrontement, le déchirement ou l’amour fusionnel, ce qui compte est le chemin que chacun fait vers soi. Comme dans Une femme fantastique, oscar du meilleur film étranger cette année, Sebastián Lelio cherche la singularité des êtres. Il amène Ronit, Esti et David à parler pour eux-mêmes, et non plus en fonction de la place qu’ils occupent, ou n’ont plus, dans la communauté. Il ne s’agit pas pour eux de se défaire de leurs chaînes, mais de se libérer en acceptant, d’abord, leur solitude. Un cheminement qui illustre la subtilité de ce film aussi réfléchi qu’émouvant.

 

Le JDD


À New York, Ronit, photographe, mène sa vie comme elle l’entend, loin de sa communauté juive orthodoxe et de son père rabbin. Lorsqu’il meurt, elle retourne à Londres pour les funérailles. Elle y retrouve Esti, sa passion de jeunesse qui a renié son homosexualité pour épouser son meilleur ami… Après La Vie d’Adèle (2013), d’Abdellatif Kechiche, et Carol (2015), de Todd Haynes, encore une belle histoire d’amour entre deux femmes que tout oppose. Sebastián Lelio évoque la question du choix de la liberté pour l’une et de la résignation pour l’autre, la difficulté de s’émanciper face à la pression religieuse, culturelle et sociale. Un drame touchant, délicat et lucide.

Magazine juin

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