parvana cinema metz

 

Date de sortie 27 juin 2018 (1h 33min)
De Nora Twomey
Avec Golshifteh Farahani, Saara Chaudry, Soma Bhatia
Nationalités Canadien, Irlandais, Luxembourgeois

 

 

En Afghanistan, sous le régime taliban, Parvana, onze ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. Elle aime écouter les histoires que lui raconte son père, lecteur et écrivain public. Mais un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. Car sans être accompagnée d’un homme, on ne peut plus travailler, ramener de l'argent ni même acheter de la nourriture.
Parvana décide alors de se couper les cheveux et de se travestir en garçon afin de venir en aide à sa famille. Risquant à tout moment d'être démasquée, elle reste déterminée à trouver un moyen de sauver son père. Parvana est un conte merveilleux sur l'émancipation des femmes et l'imagination face à l'oppression.

 

 

 

Critiques
 
Télérama
 

Sacrée audace que de vouloir raconter la tragédie de l’Afghanistan sous le régime des talibans par le biais d’un film d’animation pour jeune public. L’Irlandaise Nora Twomey — coauteur du superbe Brendan et le secret de Kells, en 2009 — relève brillamment le défi dans son premier long métrage réalisé en solo. Une fable bouleversante, qui trouve toujours la bonne distance entre réalisme et merveilleux.

Parvana, 11 ans, est une petite fille aux grands yeux ouverts sur le monde, avide de lectures et de savoir. Son malheur est de vivre en 2001 à Kaboul, alors sous le contrôle des sinistres « étudiants en religion » (signification de « talibans ») du mollah Omar. Au nom d’une prétendue loi de Dieu, les Afghanes n’ont pas le droit de sortir sans être accompagnées par un homme… Un jour, le père adoré de Parvana, ancien professeur devenu vendeur à la sauvette et écrivain public pour survivre, est arrêté sans motif par les « barbus ». Dès lors, impossible pour la fillette de travailler ni même d’aller sur le marché pour acheter de la nourriture. Parvana décide de se couper les cheveux et de se travestir en garçon pour venir en aide à sa famille…

Le scénario, basé sur les témoignages de réfugiés afghans rencontrés au Pakistan, chronique la vie sous le joug taliban avec une âpreté inattendue. La tension est permanente — une action aussi banale qu’aller chercher de l’eau au puits se transforme en danger mortel. Les traces de la guerre sont partout, avec les maisons en ruine, les carcasses de chars, et une poussière omniprésente qui recouvre Kaboul comme un linceul.

Les rondeurs du dessin, aux traits volontairement naïfs, contrastent intelligemment avec la violence des situations vécues par Parvana. La belle idée de Nora Twomey est d’ouvrir ce récit, parfois éprouvant, vers la fantaisie. Pour s’évader de sa maison devenue prison, Parvana raconte à son petit frère la légende de Souleymane, un prince chevaleresque aux prises avec un roi éléphant cruel — un combat fantasmagorique qui fait écho à la propre lutte des Afghans contre l’oppression. La réalisatrice l’illustre à la manière des enluminures persanes, avec une frénésie de couleurs qui triomphe de la noirceur du quotidien. Elle signe un plaidoyer pour la culture et pour la mémoire, sources de résistance à l’obscurantisme. Et un éloge vibrant de l’imaginaire qui nous console de la réalité, tout en nous inspirant pour la rendre meilleure…

 

Le nouvel obs
 
Signé par une Américaine et coproduit par Angelina Jolie, ce film confirme, après "Persepolis" et "Téhéran Tabou", que la critique des régimes islamiques passe plus facilement par le cinéma d’animation : tiré d’un livre de Deborah Ellis, lui-même inspiré de témoignages de réfugiés, il traite de la condition féminine en Afghanistan. Parvana, 11 ans, la cadette de sa famille, vit à Kaboul. Quand son père, écrivain public estropié par la guerre, est emprisonné parce qu’il instruit ses filles, Parvana, pour subvenir aux besoins du foyer, dans un pays où les femmes n’ont pas le droit de faire les courses, et pour retrouver son père, ne voit qu’une solution : se travestir en garçon. C’est un conte sans fées, une ode sans illusion au pouvoir de l’imagination (Parvana se rêve en héros de la fable que lui racontait son papa) dont on ne sait si elle s’adresse aux petits ou aux grands : sa forme enfantine, sa ligne claire et colorée contrastent avec l’approche frontale et la violence de son sujet. 
 

Magazine juillet - août

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