au poste cinema metz

 

Date de sortie 4 juillet 2018 (1h 13min)
De Quentin Dupieux
Avec Benoît Poelvoorde, Grégoire Ludig, Marc Fraize
Nationalité Français

 

 

Un poste de police. Un tête-à-tête, en garde à vue, entre un commissaire et son suspect.

 

 

 

 

 

 

Critiques
 
Télérama
 

Avec Réalité, son précédent film, le plus vertigineux, réalisé pendant son exil à Los Angeles, Quentin Dupieux était arrivé à la fin d’un cycle. Sa féconde période américaine a été marquée par des expérimentations plastiques, littéralement sur la jante (Rubber et son pneu tueur), aux frontières de l’abstraction, du gag (ou du non-gag) étiré jusqu’au malaise. La barrière de la langue lui aura permis d’explorer d’autres formes comiques, visuelles, muettes, mais, de son propre aveu, un peu « au détriment de [sa] plume ». Il lui fallait rentrer pour retrouver la liberté de jouer avec les mots.

Dans Au poste !, les dialogues pétillent de trouvailles et d’esprit, comme chez Raymond Queneau. Ils sont la matrice du huis clos et les ressorts de l’intrigue, par ailleurs minimaliste. Une nuit, dans un commissariat de police en banlieue, Buron, un flic pince-sans-rire (Benoît Poelvoorde, au sommet de son art oratoire) interroge Fugain (Grégoire Ludig, parfait dans la peau du faux coupable) au sujet du cadavre qu’il a trouvé par hasard. La garde à vue est régulièrement interrompue par un adjoint borgne, stupide et suspicieux, et l’on s’échappe parfois sur les lieux du crime, dans des flash-back illustrant les déclarations du témoin. Fidèle à son goût pour le cinéma français populaire des années 1970, le cinéaste truffe son film de références, du Magnifique, de Philippe de Broca, à Buffet froid, de Bertrand Blier, et il ose même un coup de théâtre à la Buñuel. C’est brillant et modeste, cinéphile mais accessible. Comme savaient l’être Blier et de Broca en leur temps… L’auteur atteint des sommets d’humour franco-belge avec cette comédie qui a le bon goût de durer à peine plus d’une heure. La durée idéale. Celle des meilleures blagues.

 

Paris Match

Un suspect en garde à vue pour avoir eu la malchance d’être au mauvais endroit au mauvais moment, un flic calamiteux qui cherche à démêler le film de la nuit, et un interrogatoire ubuesque… Le pape de l’absurde Quentin Dupieux offre à Poelvoorde et Ludig (moitié du Palmashow) un duel à fleurets mouchetés. Un réjouissant hommage aux polars de qualité française eighties qui nous étonne jusqu’au final. Anaïs Demoustier n’a jamais été aussi drôle !

 

Magazine juillet - août

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