l ile au tresor cinema metz

 

Date de sortie 4 juillet 2018 (1h 37min)
De Guillaume Brac
Documentaire
Nationalité Français

 

 

Un été sur une île de loisirs en région parisienne. Terrain d’aventures, de drague et de transgression pour les uns, lieu de refuge et d’évasion pour les autres. De sa plage payante à ses recoins cachés, l’exploration d’un royaume de l’enfance, en résonance avec les tumultes du monde.

 

 

 

 

 

Critiques
 
L'Obs
 

C’est l’été. A Cergy-Pontoise, l’île de loisirs rassemble enfants et parents, ados et papys, garçons et filles. On se fait un peu d’argent de poche, on drague, on fait du pédalo ou du kayak, on profite.

Caméra à l’épaule, Guillaume Brac suit tout ce petit monde avec attention et affection. Visiblement, il sait mettre les gens en confiance, et il se dégage de cet été une atmosphère de tendresse, de sérénité. On se met à les aimer, ces personnages amusants, charmants ou émouvants. Pour les filmer, il fallait un cœur gros comme ça. C’est réussi.

 

Télérama

Des gens en maillot, des cris jaillissants et joyeux d’enfants, une plage, de l’eau. Cela ressemble aux Landes, mais on est sur la grande aire de loisirs de Cergy-Pontoise. En banlieue donc, territoire généralement mal vu, car mal regardé en général. Guillaume Brac, lui, sait y faire. Il avait jusque-là localisé ses ­histoires douces-amères sur la côte ­picarde (Un monde sans femmes) ou en Bourgogne (Tonnerre). Le voici sur les pas d’Eric Rohmer qui avait déjà filmé Cergy dans L’Ami de mon amie, en 1987. L’Ile au trésor n’est pas une fiction, mais c’est tout comme. Dans ce documentaire ensoleillé qui tient parfois du film d’aventures, Guillaume Brac nous emmène en exploration. Il y a la plage centrale, souvent bondée, mais aussi des étangs, des nids de verdure tranquilles pour les amoureux, un pont d’où plongent des garçons intrépides, malgré les consignes formulées par une jeune brigade en tee-shirt orange faisant de la prévention. Ce plaisir de la transgression revient plusieurs fois : les gamins fraudeurs, qui tentent d’entrer sans payer dans l’aire de loisirs, sont gentiment évacués par les vigiles…

Entre scènes de drague, barbecues, banquets et attractions diverses, le film souligne la vitalité, les réjouissances de l’été. Un goût de paradis terrestre, un sentiment d’éternité flottent dans l’air, mais aussi une mélancolie, une nostalgie de l’enfance. Des personnages se dessinent. Un veilleur de nuit, qui raconte comment il a été persécuté en Guinée ; un responsable de pédalos, athlétique et fringant ; un prof à la retraite, qui venait naguère avec ses élèves… Le cinéaste compose une formidable mosaïque humaine, fondée sur la diversité. Des gens du monde entier (Portugal, Afghanistan, Philippines…), de tout âge, de toute couleur, de tous les milieux sociaux. Dans une lumière douce de crépuscule, on suit une partie de balle au prisonnier, avec une fillette rieuse et triomphante. Tout concorde alors : la grâce, la nature, le jeu et la joie d’être ensemble. Politique et esthétique vont main dans la main. Guillaume Brac nous offre le trésor d’une utopie réalisée.

 
 

Magazine juillet - août

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