la momie cinema metz

 

Date de sortie 14 juin 2017 (1h 51min)

De Alex Kurtzman

Avec Tom Cruise, Sofia Boutella, Annabelle Wallis

Nationalité Américain

 

 

Bien qu’elle ait été consciencieusement enterrée dans un tombeau au fin fond d’un insondable désert, une princesse de l’ancienne Égypte, dont le destin lui a été injustement ravi, revient à la vie et va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur dépassant l’entendement humain. Des sables du Moyen Orient aux pavés de Londres en passant par les ténébreux labyrinthes d’antiques tombeaux dérobés, La Momie nous transporte dans un monde à la fois terrifiant et merveilleux, peuplé de monstres et de divinités, dépoussiérant au passage un mythe vieux comme le monde.

 

   

Critiques 
 
Télérama
 

Il ne fallait pas la réveiller. La momie est un danger public, en particulier pour les amateurs de suspense. On ne vous révélera rien, c'est le film qui s'en charge dès le prologue, dévoilant le pourquoi du comment, jusqu'à la dernière bandelette. Mystérieux comme le mode d'emploi d'un meuble en kit, le scénario tiendrait sur une carte de visite : une ancienne malédiction jaillit de son sarcophage pour répandre la terreur sur le monde en général, et sur Tom Cruise en particulier.
Une fois admis ce défaut de fabrication, on embarque dans une ébouriffante attraction, entièrement dédiée aux scènes d'action spectaculaires. Bonne surprise : dans un avion en plein crash ou au fond d'une crypte ténébreuse, ces séquences se révèlent aussi habiles que l'intrigue est plate. Bourré d'effets spéciaux dernier cri, ce ludique divertissement est le premier volet d'une nouvelle saga hollywoodienne consacrée à une guilde de personnages fantastiques, à la manière des super­héros de Marvel ou de DC Comics. Sauf que cette fois, les studios Universal recyclent leur patrimoine de vieux films d'épouvante et de méchants mythiques. En attendant, entre autres, créature de Frankenstein, loup-garou et homme invisible, on fait ainsi connaissance avec les plus célèbres schizophrènes du gothique victorien, le Dr Jeckyll et son double, Mister Hyde, tous deux interprétés avec une malice gourmande par Russell Crowe. L'ex-gladiator réussit même à arracher quelques scènes à Tom Cruise, ce qui relève de l'exploit. Car la star hante chaque plan, chaque cascade, avec une dose inhabituelle d'autodérision. C'est l'autre bonne surprise : un humour alerte et bon enfant, pas du tout momifié.

 

Les inrocks

 

“Dès qu’il eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre.” L’un des cartons les plus célèbres de l’histoire du cinéma, issu du Nosferatu de Murnau, plaçait le registre de l’horreur à cheval entre deux mondes, celui des vivants et celui des morts. Une zone interlope où l’enveloppe fragile d’un réel craintif se fendait de mille déchirures, comme autant de passages d’où émergent les créatures innommables qui hantent nos nuits, du moins celles des personnages.

Car le spectateur, lui, peut nommer chacun de ces monstres, agglomérés à la culture populaire depuis les penny dreadful et la littérature victorienne jusqu’aux productions Blumhouse (Paranormal Activity, Ouija…). Loup-garou, vampire, homme invisible. Momie.

Universal ouvre à nouveau la boîte à cauchemars

Dans les années 1930, la major Universal a donné une première enveloppe cinématographique à ces aberrations populaires, avec comme inoubliables visages ceux de Béla Lugosi ou de Boris Karloff. Près de quatre-vingt-dix ans plus tard, le même studio ouvre à nouveau la boîte à cauchemars, d’où émergent en premier lieu les traits connus – malgré leur état de décomposition avancée – de la dépouille égyptienne tressautant encore de vie après trois millénaires passés dans un sarcophage.

En préambule du film, les lettres chromées qui orbitent autour du globe terrestre, marque de fabrique de la firme, se retournent pour présenter un envers rougeoyant et évocateur : à l’heure de l’Upside Down de Stranger Things et du retour de la Black Lodge de Twin Peaks, la première pierre du Dark Universe, l’univers étendu monstrueux d’Universal, est posée.

Empêcher les ténèbres de se répandre sur le monde

Au beau milieu du désert irakien, des troupes d’élite américaines découvrent un tombeau égyptien. Nick (Tom Cruise), militaire et trafiquant à ses heures perdues, active un mécanisme qui ramène à la vie l’âme damnée qui l’occupe, et qu’une séquence antico-kitsch identifiera comme une princesse égyptienne (Sofia Boutella) enterrée vivante pour cause de collusion avec Seth (ou le Diable, ou le Mal, selon la convenance).

Au même moment, des travaux ferroviaires londoniens butent sur une crypte abritant de nombreux cadavres de templiers. Les deux exhumations sont connectées, et Nick, accompagné de la scientifique Jenny, va devoir empêcher les ténèbres de se répandre sur le monde. C’est sur ce canevas classique, et au fil d’une mise en scène efficace mais peu inspirée, que le réalisateur pique le premier point d’un tissu cinématographique qui s’enrichira de versions contemporaines de tous les monstres précités.

Une triple et fascinante momification

Mais la part la plus fascinante de l’entreprise réside dans sa propension à multiplier les variations sur le motif de l’exhumation : forage matériel du sable irakien ou de la terre londonienne, de l’image numérique qui s’abime en un vortex d’effets de synthèse, de la peau aux plaies béantes de sa momie nouvelle génération.

Un geste violent qui dessine en creux une triple et fascinante momification : celle de la momie sans repos, celle du cinéma hollywoodien des débuts de son âge d’or, et, plus troublant, celle de Tom Cruise, éternel golden boy dont le physique défie le temps, mort-vivant de cinéma au faciès de bouffon rieur et d’éternel enfant.

 

Magazine juin

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