ce qui nous lie cinema metz

 

Date de sortie 14 juin 2017 (1h 53min)

De Cédric Klapisch

Avec Pio Marmai, Ana Girardot, François Civil

Nationalité Français

 

 

Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent.

 

 

   

Critiques 
 
Télérama
 

Paris, Barcelone, New York... : Cédric Klapisch n'a jamais filmé que les villes et leurs habitants. Là, il pose sa caméra en pleine nature, en Bourgogne. Coécrit avec Santiago Amigorena, ami de lycée et déjà scénariste du Péril jeune (1994), son film raconte la reprise du domaine familial, à Meursault, par deux frères et une soeur à peine trentenaires, à la suite de la disparition prématurée du père, mort d'avoir respiré des pesticides toute sa vie. Mais la vigne et le vin bio, qui n'avaient encore jamais fait l'objet d'une fiction aussi bien documentée, intéressent moins le réalisateur que les relations humaines.
« L'amour, c'est comme le vin, il faut du temps. Ça doit fermenter. Et ce n'est pas toujours pourri au final », philoso­phe-t-on au caveau. Qu'il s'agisse de la fratrie ou du couple, Klapisch reste fidèle à ses marottes : certains protagonistes frisent la caricature (le beau-père notable, la mère intrusive, le vendangeur fanfaron) et les acteurs ignorent la sobriété, Pio Marmaï et François Civil en tête. Les larmes sont également convoquées avec trop de ­facilité dans les scènes intimes mais le cinéaste réussit, comme souvent, les scènes de groupe, notamment lors de la fête qui célèbre la fin des vendanges et donne envie de prendre un aller simple pour Beaune.

 

Les inrocks

 

Un des premiers films (courts) de Cédric Klapisch, en 1989, s’intitulait Ce qui me meut. Presque trente ans et onze films (longs) plus tard, le voilà qui sort Ce qui nous lie. Du je au nous, de la mise en mouvement (et en émotion) au lien, de Paris (dont le cinéaste s’est souvent fait le sociologue) à la province (en l’occurrence la Bourgogne), il s’agit moins d’un déplacement que d’une façon de boucler la boucle, de réaffirmer son œcuménisme proverbial : moi, toi, eux, nous, là, partout, toujours, on a tous un truc à partager.

Ce côté boy-scout rassembleur qui a toujours défini Klapisch, pour le pire (Paris) ou le meilleur (Le Péril jeune), se niche ici dans une forme particulièrement casse-gueule : le film de vignoble (type Premiers crus, Tu seras mon fils, Saint Amour dans une moindre mesure).

Klapisch réussit à subvertir les contours de ce genre souvent rance

Epousant d’abord les contours de ce genre bien souvent rance, destiné à raconter les douloureuses transmissions entre pères et fils, sur fond de célébration du terroir et des valeurs patrimoniales (atroces scènes de dégustation dignes d’un spot de pub pour le tourisme en Bourgogne), Klapisch réussit progressivement à les subvertir, ou plutôt à les adoucir, sans forcer le passage, sans renverser la table.

Le fils prodigue revenu à la ferme après son tour du monde (Pio Marmaï, ici plutôt drôle) se trouve ainsi affublé d’un frère (François Civil) et d’une sœur (Ana Girardot), tous deux irréprochables, qui tirent le film vers une sincère ode au renouveau.

Portant des valeurs progressistes (à la question “tu viens d’où ?”, une jeune fille noire répond “de Bretagne”, et basta), féministes (les femmes font le pinard, et elles le font très bien) et écolos (leur vin est évidemment bio), le réalisateur de Ni pour ni contre (bien au contraire) s’affirme une fois de plus comme le promoteur de la France “sympa”. C’est déjà ça.

 

Magazine juin

Pour visionner ou télécharger le magazine, cliquez sur l'image.

Title Here