120 battements par minute cinema metz

 

Date de sortie 23 août 2017 (2h 22min)

De Robin Campillo

Avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel

Nationalité Français

 

 

Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale.
Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean.

 

 

 

 

Critiques 
 
120 battements par minutes premiere
 
Télérama
 

ent-vingt battements et... cent-trente-cinq minutes : le nouveau film de Robin Campillo est l'un des plus longs de la compétition cannoise - on sait que le sélectonnieur invite souvent les cinéastes à couper dans leur montage initial. En l'occurrence, l'une des grandes forces du film est la gestion de la durée. Robin Campillo prend d'abord le temps nécessaire pour ressusciter une époque (le début des années 1990) et faire exister pleinement un groupe : les activistes d'Act Up-Paris, acharnés à lutter contre l'indifférence qui entoure l'épidémie du sida. Il y a des gays, des lesbiennes, des mères de famille… On suit leurs débats conflictuels sur les stratégies à adopter comme leurs actions non violentes mais spectaculaires - jeter des litres de faux sang dans les bureaux d'un laboratoire pharmaceutique de mauvaise volonté…

Remarquablement incarné
Ce portrait d'un collectif à l'humour cinglant, dont beaucoup de membres sont séropositifs et certains très malades, est déjà un bon film en soi : précis, documenté (co-écrit avec Philippe Mangeot ancien dirigeant d'Act Up), remarquablement incarné. Autour d'Adèle Haenel, trois jeunes acteurs peu connus impressionnent : Nahuel Pérez Biscayart, Arnaud Valois et Antoine Reinartz. Mais le cinéaste, inventeur des Revenants (son premier long métrage, qui a, des années plus tard, inspiré la série de Canal +), est aussi un excellent scénariste, un conteur, dont le précédent film, Eastern boys, brillait notamment par sa structure, ses chapitres successifs, qui redistribuaient radicalement la donne.
Cinérama spécial Cannes : Robin Campillo, Jeanne Balibar, Ruben Östlund...


Film bouleversant


120 battements par minute, de Robin Campillo (France, 2h20). En compétition. Sortie le 23 août 2017.
Une histoire d'amour se détache ainsi du tableau de groupe : le bel Arnaud, séronégatif qui a récemment rejoint l'association, tombe sous charme de Sean, histrion un rien androgyne, déjà « en chute de T4 » (le marqueur de la progression du virus). Toute la suite articule admirablement l'intime avec le politique, le romanesque avec le réalisme. Cet amour est une course contre la montre, mais Robin Campillo peut ralentir considérablement le rythme, éterniser les premières étreintes ou les dernières, tout en gardant le fil de l'action collective, à laquelle les deux amants restent liés, viscéralement. La rage de vivre, qui a cimenté le couple comme le groupe, résiste à tout, se renforce face à la mort. Le dernier mouvement du film est bouleversant, témoignage du combat d'une génération décimée, mais aussi réaffirmation d'une urgence à aimer. Dans un festival où sont projetés, logiquement, beaucoup de films « de plus », réalisés parce que c'est le métier de ceux qui les font, 120 battements par minute apporte quelque chose de mieux, comme seules les œuvres qui valent vraiment la peine.

 

Magazine septembre

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