le sens de la fete cinema metz

 

Date de sortie 4 octobre 2017 (1h 57min)

De Eric Toledano, Olivier Nakache

Avec Jean-Pierre Bacri, Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche

Nationalité Français

 

 

Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd'hui c'est un sublime mariage dans un château du 17ème siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d'habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l'orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie... Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d'émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos. Des préparatifs jusqu'à l'aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune : Le sens de la fête.

 
 
Critiques
 
Télérama
 

Eric Toledano et Olivier Nakache, les réalisateurs à succès du cinéma français, ont imaginé leur sixième long métrage au moment des attentats de 2015, en réaction à un contexte des plus plombant. Le principe de plaisir est donc au cœur du Sens de la fête, plus léger, plus résolument humoristique que leur précédent film, Samba (2014). Et plus convaincant… L’argument — une soirée de mariage qui part en ­cacahuète — est banal, sinon con­venu dans ses rebondissements : les plombs sautent, le plat principal a tourné, belle-maman s’encanaille… Mais le point de vue choisi est plus original : en lieu et place des sempiternels règlements de comptes familiaux, les auteurs se sont focalisés sur les nombreuses petites mains qui s’agitent en coulisses.
La petite entreprise organisatrice des festivités, avec son personnel black-blanc-beur, ses cuisiniers payés au noir, ses serveurs tamouls sans papiers, se veut une réplique en miniature de la France d’aujourd’hui. On pourra trouver un rien candide cette conception d’une société où la couleur de peau n’est pas un problème, où le patron et ses salariés forment une famille qui finit toujours par se réconcilier dans l’adversité.
Le regard bienveillant de Toledano et Nakache fait le charme de ce film, conçu comme une succession de gags et de bons mots enchaînés à un rythme soutenu. La belle mécanique tourne à plein régime, malgré quelques ratés : certaines situations sont trop étirées, d’autres, comme un embarrassant quiproquo sur une drague gay, tombent à plat. Et les acteurs régalent, chacun dans son registre de prédilection, poussé au maximum : Gilles Lellouche est impeccable en DJ grande gueule, et Jean-Pierre Bacri compose le plus beau grognon de sa longue carrière de grognon.

 

L'Obs

Le sens de la fête, Olivier Nakache et Eric Toledano l'ont, à défaut du sens du gag. Leur truc, c'est la comédie de caractères, et celle-ci en déborde : Jean-Paul Rouve en photographe pique-assiette, Eye Haïdara en chef de brigade vénère, Gilles Lellouche en animateur ringard, Vincent Macaigne en parasite amoureux du verbe, Benjamin Lavernhe (de la Comédie-Française) en marié pédant… Les réalisateurs d'"Intouchables" mélangent avec bonheur les familles du cinéma français pour croquer la France d'aujourd'hui. Leur mariage catastrophe sent le vécu (inoubliable "on sort les feuilletés"), le laïus final de Bacri à ses troupes, l'allusion bien sentie au discours macroniste à l'attention des "fainéants". Quant aux deux Indiens clandestins, clin d'œil malin à "la Party" de Blake Edwards, leur traitement s'avère moins démago qu'il n'y paraît. Ils ne sont plus beaucoup comme Nakache et Toledano à faire aussi bien rimer comédie et populaire.