coco cinema metz

 

Date de sortie 29 novembre 2017 (1h 45min)

De Lee Unkrich, Adrian Molina

Avec Andrea Santamaria, Ary Abittan, François-Xavier Demaison

Animation

Nationalité Américain

 

 

Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel. Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz.
Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts. Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révèlera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…

 

Critiques
 
Le Figaro
 

Les studios Disney-Pixar reviennent avec un film d'animation soigné et inventif, qui tout en s'amusant à jouer avec la mort permet aux enfants de prendre conscience de ce que représente la notion de mémoire familiale.

Après le décevant Voyage d'Arlo et le très classique Vaiana, le traditionnel film d'animation Disney de Noël trouve en Coco un parfait exemple de réussite.
Le pari était complexe. Car la thématique de Coco consiste à évoquer la mort et la transmission familiale à travers la Fête nationale mexicaine (el Dia de los muertos, ce qui chez nous s'apparente à la période de la Toussaint). Il n'est pas étonnant que ce projet prévu pour 2015 ait été finalement repoussé à décembre 2017, même si les premiers voyages de l'équipe du film au Mexique remontent à 2011.

Parfois, il convient de laisser décanter une histoire, pour qu'elle puisse gagner en intensité. Les réalisateurs Adrian Molina et Lee Unkrich (déjà auteur du très émouvant Toy Story 3) ont eu la sagesse de passer six ans à approfondir le projet et à peaufiner le scénario.
Bien leur en a pris. Le film est splendide et réserve un dernier tiers sur le fil de l'émotion, qui poussera certains spectateurs à sortir leur mouchoir.
L'histoire de Coco met en place un jeune héros, Miguel, mal à l'aise dans sa propre lignée familiale. Depuis déjà plusieurs générations, la musique a été bannie de sa famille. Ce qui pour lui s'avère un vrai déchirement car il sent bien qu'au fond de lui un instinct le pousse à devenir musicien, à la manière du célèbre mariachi Ernesto de la Cruz, qui a décidé de tout abandonner pour donner libre cours à sa passion pour la musique.

Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré: le monde des ancêtres, où il se lie d'amitié avec le sympathique arnaqueur Hector. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révélera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel.
Mondes antithétiques

Même les enfants entre 4 et 7 ans pourront comprendre la confrontation entre ces deux mondes antithétiques. Les animateurs ont bien fait attention à différencier le monde des vivants, traité plutôt sur un mode horizontal, du monde des morts dont la verticalité est assez vertigineuse.
Bien évidemment, le film ne pourra échapper à la comparaison avec La Légende de Manolo, ce conte féerique à l'esthétique imprégnée de folklore mexicain, qui lui aussi s'amusait avec les codes de la Fête des morts, en lui ajoutant un style baroque et fantastique à la Tim Burton. Pourtant, il dépasse Manolo par l'ampleur de son projet et sa thématique universelle.
Avec une grande sincérité et quelques séquences bouleversantes, Coco plonge dans l'histoire d'une famille, sa mémoire et sa lignée parfois difficile, faite d'aléas imprévisibles liés à l'héritage ainsi qu'à une transmission baignée d'amour. Tout en subtilité, Cocofera fondre même les parents les plus rétifs… Sans oublier l'inénarrable Dante, un personnage de chien bête comme ses pieds mais brave et fidèle, un peu comme l'était le Rantanplan de Lucky Luke… Une chose est sûre, Cocoest un film qu'on n'est pas près d'oublier.

 

Télérama

Oubliez les tombes grisâtres et les tristes pluies de la Toussaint. Au Mexique, le Jour des morts est une fête. Une débauche d’ornements somptueux et de teintes fleuries, un carnaval où la mort se pare du chatoiement de la vie. Dernier-né des studios Pixar, Coco prend sa source dans un trésor visuel de crânes, d’étof­fes éclatantes et de créatures mythi­ques. De la petite ville de Santa Cecilia, toute de poussière dorée, où commence l’histoire, à la cité des morts, vision fantastique et baroque de l’au-delà, le film utilise magnifiquement la palette de couleurs et de formes qui lui est offerte. Hommage à la culture mexicaine, ce conte n’en est pas moins une pure création Pixar. Il brasse avec humour et mélancolie les thèmes qui, de Toy Story à Vice versa, finissent par former une grande fresque sur la famille, l’enfance, l’irréversibilité du temps, ce qui est perdu et ce qui persiste entre les êtres…
A Santa Cecilia vit une drôle de famille. Tous cordonniers, de génération en génération, depuis que Papi a plaqué Mamie pour aller pousser la chansonnette. A cause de cet ancien trauma, plus personne n’a le droit de produire la moindre note, le plus petit accord de guitare. Miguel, le petit dernier, est bien décidé à braver le tabou. Son aventure le mènera au monde de ses défunts ancêtres : une formidable mégapole de morts très vivants, de squelettes fantas­ques, attachants et cocasses. Les gags sont en grande partie assurés par le chien de Miguel, invraisemblable bâtard à la langue pensante. Et les délices du pastiche, par le croustillant latin lover à l’ancienne Ernesto de la Cruz et son tube : Ne m’oublie pas. Mais, comme dans une thérapie familiale, c’est de vérité, de mémoire, de résilience qu’il est question. Où la fête des morts est, avant tout, celle de la vie.