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  • Drôles de petites bêtes

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    Date de sortie 13 décembre 2017 (1h 28min)

    De Arnaud Bouron, Antoon Krings

    Avec Kev Adams, Virginie Efira, Emmanuel Curtil

    Animation

    Nationalités Français, Luxembourgeois

     

     

    A partir de 3 ans

    Lorsqu’Apollon, un grillon baladin au grand cœur, arrive au village des petites bêtes, il ne tarde pas à perturber la vie du Royaume tout entier… Piégé par la cousine de la Reine Marguerite, la jalouse et diabolique Huguette, Apollon est accusé d’avoir enlevé la souveraine, semant la panique dans la ruche… Marguerite est en réalité captive des Nuisibles, complices d’Huguette qui en profite pour s’emparer du trône ! Apollon le Grillon, aidé de Mireille l’Abeille, Loulou le Pou et ses nouveaux amis, se lance alors dans une périlleuse mission de sauvetage.…

     

    Critiques
     
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    La collection d’albums illustrés Drôles de petites bêtes, créée par Antoon Krings en 1994 et toujours en production, s’est, depuis vingt ans, fait une place de choix sur les étagères et dans les bibliothèques des tout-petits. Tous connaissent la gourmandise de Léon le bourdon, les pots de miel de Mireille l’abeille et les tartes à la crotte de ver de terre de Patouche la mouche. Les livres ont eu un tel succès que de nombreux produits dérivés sont sortis par la suite : jeux vidéo, peluches à l’effigie des personnages et même une série animée, diffusée sur France 3 dans les blocs de programmes destinés à la jeunesse. Ceux qui se sont éveillés au monde à l’aube du vingt-et-unième siècle ne manqueront donc sûrement pas d’aller découvrir en salle ce premier long-métrage de cinéma coréalisé par Arnaud Bouron et Antoon Krings.

    Drôles de petites bêtes met en scène Apollon le grillon, artiste vagabond apparu cette année dans le dernier album de la série. Lorsque commence l’histoire, il fait nuit, la lune éclaire d’une lumière pâle le village des petites bêtes dans lequel Apollon s’arrête pour passer la nuit. Le lendemain matin, tout le village s’active autour de lui, préparant une fête monumentale pour la reine des abeilles Marguerite. Mais Marguerite s’ennuie, surprotégée entre les quatre murs de son palais et ne rêve que d’évasion et de liberté. Sentant poindre là sa plus grande faiblesse, Huguette la guêpe, cousine de la reine et assoiffée de pouvoir, demande à Apollon d’escorter Marguerite hors du palais… et prend le pouvoir, accusant Apollon et le faisant prisonnier ! Pour libérer la reine, Loulou le pou, Mireille l’abeille, Léon le bourdon, Carole la luciole et Apollon lui-même vont devoir affronter mille dangers.

    La trame du film est simple, mais pas simpliste. Car elle est bien écrite et bien menée, permettant aux enfants de s’évader, de vivre un moment magique avec les insectes qui parlent, tout en diffusant un message politique et écologique. Politique, car Huguette la guêpe s’empare du trône par un coup d’État, aidée de Krypton, chef militaire et de toute son armée de frelons. La méchanceté de la guêpe, les quelques batailles épiques jalonnant l’intrigue, se veulent l’allégorie de la démocratie, fragile, sans cesse secouée et remise en question. Écologique, parce que – et nous le voyons dès les premières séquences du film – au sein d’une ruche et d’un jardin, chacun a son rôle à jouer : les butineuses butinent, les ouvrières entretiennent la ruche, les nourrices s’occupent des nouveau-nés tandis que d’autres fabriquent le miel que convoitent Huguette et les insectes nuisibles (papillons de nuit et autres moustiques). Arrivée sur le trône, Huguette poussera les abeilles à fabriquer toujours plus de miel alors que les réserves s’épuisent et que le pollen se fait de plus en plus rare. Ici se retrouvent à la fois la critique du capitalisme et de la performance qui aliènent les travailleurs, et celle de la surexploitation des ressources naturelles. Cependant, n’allez surtout pas croire que Drôles de petites bêtes vous fera la leçon. Comme les fables de La Fontaine (qui mettent également en scène des animaux), c’est un film moral, mais pas moralisateur.

    Il n’est plus besoin de rappeler que la France excelle dans la réalisation de films et de séries d’animation. Drôles de petites bêtes s’en charge pour nous. L’on s’extasie toujours devant la qualité graphique des décors, des personnages, de l’univers du film. Les scènes de jours privilégient les couleurs chaudes, du jaune au rouge en passant par l’orange ; le jardin fleuri est accueillant et la ruche est comme un refuge chaleureux. Les scènes de nuit ont des couleurs plus froides mais sont d’une beauté saisissante, faisant évoluer les personnages dans une obscurité bleutée que viennent percer la pleine lune, les étoiles, les quelques fleurs lumineuses faisant office de lampadaires et le scintillement de Carole la luciole. Si elles sont plus nombreuses que les scènes de jours, les scènes de nuit apportent toute sa féérie au film, et permettent également de provoquer un certain suspense, une certaine tension et de susciter autant l’inquiétude que la jubilation chez le spectateur. L’animation 3D est impeccable, fluide, et met parfaitement en valeur le caractère malicieux et attachant des protagonistes. Ici sont réunis tous les ingrédients pour que petits et grands passent un excellent moment.