teheran tabou cinema metz

 

(1h 36min)

De Ali Soozandeh

Avec Elmira Rafizadeh, Zahra Amir Ebrahimi, Arash Marandi

Animation

Nationalités Allemand, Autrichien

 

 

Téhéran : une société schizophrène dans laquelle le sexe, la corruption, la prostitution et la drogue coexistent avec les interdits religieux. Dans cette métropole grouillante, trois femmes de caractère et un jeune musicien tentent de s’émanciper en brisant les tabous.

 

 

 

Critiques
 
L'express
 

Comment un cinéaste peut-il encore dénoncer les dérives de la société iranienne, tout en apportant un regard novateur d'un point de vue cinématographique? En suivant la voie d'Ali Soozandeh, qui adopte la technique de la rotoscopie, procédé du cinéma d'animation rendu célèbre par Valse avec Bachir, notamment.


Téhéran Tabou raconte, en parallèle, les destins de trois femmes, aujourd'hui, à Téhéran: Donya, Pari et Sara. La première est une prostituée qui cache son métier à son entourage, la deuxième, une femme qui ne peut travailler sans l'autorisation de son mari, tandis que la dernière s'est couverte de honte en perdant sa virginité avant le mariage. Toutes les trois vont tenter par tous les moyens de trouver une alternative à ce quotidien difficile dans une société schizophrène (le sexe contre la religion).

Le film d'Ali Soozandeh est édifiant et on ne sait jamais si ces situations d'un autre âge sont révoltantes ou grotesques -la rotoscopie apporte en l'occurrence une distance troublante et bienvenue. A côté d'Asghar Farhadi et de ses intrigues conjugales sur fond de crise nationale (Le Client, Une Séparation), un autre grand réalisateur iranien vient d'émerger.

 

latifa le coeur au combat cinema metz

 

(1h 37min)

De Olivier Peyon, Cyril Brody

Documentaire

Nationalité Français

 

 

L’histoire de Latifa Ibn Ziaten est celle d’une mère devenue activiste. Quand son fils Imad est assassiné par un terroriste, Mohamed Merah, son monde bascule. Pourtant elle refuse de perdre espoir, et parcourt les villes de France dans un seul but : défendre la jeunesse des quartiers et combattre la haine avec la tolérance et l’écoute. Elle transforme ainsi chaque jour son destin singulier en un combat universel.

 

 

 

Critiques
 
Elle
 

C’est une Latifa Ibn Ziaten digne, touchante, battante, intelligente, et tellement plus encore qui s’exprime et se démène tout au long de ce documentaire de 90 minutes. Une heure et demie pour raconter un an de la vie de cette mère devenue activiste presque malgré elle. Pour raconter aussi les années de deuil qui la précèdent et tout le chemin qu’il reste encore à parcourir pour réconcilier une partie de la jeunesse avec les institutions de la République.

D’une certaine manière, Latifa Ibn Ziaten est le chaînon manquant. Avec un calme et une détermination qui forcent forcément le respect, elle se déplace dans les écoles et les prisons pour tenter de renouer des liens qui semblent souvent défaits. Son combat est d’abord celui d’une mère qui refuse le statut de victime, mais c’est aussi celui de la République, seul bouclier contre la barbarie.

A travers le parcours de Latifa Ibn Ziaten, le film raconte quelque chose d’universel : la désintégration, l’échec des politiques publiques sur une génération abandonnée et la peur d’une France coincée entre terrorisme et montée de tous les extrémismes. Malgré le socle tragique, le message est plein d’espoir : les valeurs de la République doivent reprendre leurs droits. Latifa Ibn Ziaten, elle, est bien décidée à se battre pour ses idéaux, cette France rêvée, qui l’a accueillie, nourrie, rendue heureuse, mais qui n’a pas su protéger ni son fils, ni sa propre jeunesse.

 

L'Obs

C'est une femme admirable. De sa douleur, de ses regrets et même de sa colère, elle a tiré un espoir fou. Celui de la réconciliation et de la concorde. La Franco-Marocaine Latifa Ibn Ziaten, dont le fils Imad, sous-officier de l'armée française, a été assassiné à Toulouse, en 2012, par le terroriste Mohamed Merah, n'a jamais baissé les armes. Depuis cette date, elle se bat. Pour la paix. Elle a même créé une association afin de promouvoir la laïcité, d'établir un dialogue interreligieux et d'accompagner les jeunes des quartiers en difficulté. Oui, cette femme voilée au visage marmoréen, à la voix douce et aux gestes maternels est admirable.

Olivier Peyon et Cyril Brody le savent bien, qui l'ont suivie pendant un an, de villes françaises en villes marocaines, de lycées en collèges, de prisons en plateaux de télé, d'églises en synagogues, jamais épuisée de prêcher – jusqu'en Chine – la bonne parole, jamais inquiète de devoir affronter la haine des fondamentalistes, toujours soucieuse d'expliquer, de convaincre et de convertir à la tolérance. Si ce film est si fort, c'est qu'il n'est ni complaisant ni hagiographique. Il montre et donne simplement à entendre une femme d'aujourd'hui, ni politique ni intellectuelle, qui refuse de faire de sa tragédie personnelle un argument, et dont la vie ne vaut désormais que pour œuvrer à un monde meilleur. Ce film nous aide aussi à y croire.

 

derrieere les fronts cinema metz

 

Date de sortie 8 novembre 2017 (1h 53min)

De Alexandra Dols

Documentaire

Nationalité Français

 

 

Ce documentaire dresse le portrait de la psychiatre psychothérapeute et écrivaine palestinienne Dr. Samah Jabr. Elle s’est spécialisée dans les stratégies et conséquences psychologiques de l’occupation palestinienne. Comment cela se manifeste t’il dans les esprits? Quels sont les outils pour y faire face? Son précieux témoignage, qui structure le film, est ponctué par des extraits de chroniques, des interviews de femmes et d’hommes qui partagent leurs histoires, leurs actes de résilience, de résistance.

 

 

 

banniere derriere les fronts 

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