latifa le coeur au combat cinema metz

 

(1h 37min)

De Olivier Peyon, Cyril Brody

Documentaire

Nationalité Français

 

 

L’histoire de Latifa Ibn Ziaten est celle d’une mère devenue activiste. Quand son fils Imad est assassiné par un terroriste, Mohamed Merah, son monde bascule. Pourtant elle refuse de perdre espoir, et parcourt les villes de France dans un seul but : défendre la jeunesse des quartiers et combattre la haine avec la tolérance et l’écoute. Elle transforme ainsi chaque jour son destin singulier en un combat universel.

 

 

 

Critiques
 
Elle
 

C’est une Latifa Ibn Ziaten digne, touchante, battante, intelligente, et tellement plus encore qui s’exprime et se démène tout au long de ce documentaire de 90 minutes. Une heure et demie pour raconter un an de la vie de cette mère devenue activiste presque malgré elle. Pour raconter aussi les années de deuil qui la précèdent et tout le chemin qu’il reste encore à parcourir pour réconcilier une partie de la jeunesse avec les institutions de la République.

D’une certaine manière, Latifa Ibn Ziaten est le chaînon manquant. Avec un calme et une détermination qui forcent forcément le respect, elle se déplace dans les écoles et les prisons pour tenter de renouer des liens qui semblent souvent défaits. Son combat est d’abord celui d’une mère qui refuse le statut de victime, mais c’est aussi celui de la République, seul bouclier contre la barbarie.

A travers le parcours de Latifa Ibn Ziaten, le film raconte quelque chose d’universel : la désintégration, l’échec des politiques publiques sur une génération abandonnée et la peur d’une France coincée entre terrorisme et montée de tous les extrémismes. Malgré le socle tragique, le message est plein d’espoir : les valeurs de la République doivent reprendre leurs droits. Latifa Ibn Ziaten, elle, est bien décidée à se battre pour ses idéaux, cette France rêvée, qui l’a accueillie, nourrie, rendue heureuse, mais qui n’a pas su protéger ni son fils, ni sa propre jeunesse.

 

L'Obs

C'est une femme admirable. De sa douleur, de ses regrets et même de sa colère, elle a tiré un espoir fou. Celui de la réconciliation et de la concorde. La Franco-Marocaine Latifa Ibn Ziaten, dont le fils Imad, sous-officier de l'armée française, a été assassiné à Toulouse, en 2012, par le terroriste Mohamed Merah, n'a jamais baissé les armes. Depuis cette date, elle se bat. Pour la paix. Elle a même créé une association afin de promouvoir la laïcité, d'établir un dialogue interreligieux et d'accompagner les jeunes des quartiers en difficulté. Oui, cette femme voilée au visage marmoréen, à la voix douce et aux gestes maternels est admirable.

Olivier Peyon et Cyril Brody le savent bien, qui l'ont suivie pendant un an, de villes françaises en villes marocaines, de lycées en collèges, de prisons en plateaux de télé, d'églises en synagogues, jamais épuisée de prêcher – jusqu'en Chine – la bonne parole, jamais inquiète de devoir affronter la haine des fondamentalistes, toujours soucieuse d'expliquer, de convaincre et de convertir à la tolérance. Si ce film est si fort, c'est qu'il n'est ni complaisant ni hagiographique. Il montre et donne simplement à entendre une femme d'aujourd'hui, ni politique ni intellectuelle, qui refuse de faire de sa tragédie personnelle un argument, et dont la vie ne vaut désormais que pour œuvrer à un monde meilleur. Ce film nous aide aussi à y croire.